Lomé est devenue depuis mardi 2 juin la capitale régionale du volontariat. La capitale togolaise abrite le 8e forum des Agences nationales de volontariat de l’espace CEDEAO, ouvert par le ministre délégué en charge de la Jeunesse et des Sports, Abdul-Fahd Fofana. Pendant trois jours, jusqu’au jeudi 4 juin, décideurs, techniciens et partenaires des États membres planchent sur un enjeu central : rendre visibles et comparables les actions des volontaires.
Au cœur des débats : la collecte, la gestion et l’harmonisation des données sur le volontariat. En plénière comme en ateliers, les délégations travaillent à l’élaboration d’un document de référence. Objectif : doter les agences nationales d’outils communs de suivi et de partage d’informations. Car sans base de données fiable, impossible de mesurer l’impact réel des programmes ni d’orienter les politiques publiques avec précision.
« Le principal défi reste la disponibilité de données fiables, harmonisées et comparables entre les États membres. Sans un système commun de collecte et de gestion de l’information sur le volontariat, il devient difficile de mesurer pleinement l’impact des actions menées et d’orienter efficacement les politiques publiques en la matière », a insisté Deweh Emil Gray, représentante résidente de la CEDEAO.
Les échanges portent aussi sur les bonnes pratiques. Chaque délégation partage son expérience en matière de gestion de programmes, de mobilisation des jeunes et d’insertion professionnelle. L’ambition : renforcer la coopération sous-régionale et créer un socle technique commun pour coordonner l’action sur le terrain.
Pays hôte, le Togo affiche un bilan solide. Depuis 2011, l’Agence nationale du volontariat du Togo a mobilisé plus de 80 000 volontaires à travers différentes catégories. Chaque année, plusieurs milliers de jeunes sont déployés dans l’éducation, la santé, l’environnement et le développement communautaire.
Le ministre Abdul-Fahd Fofana a annoncé la prochaine étape : la structuration d’un nouveau programme ambitieux d’ici 2028. Il vise à mobiliser près de 140 000 jeunes autour de l’engagement citoyen et de l’employabilité. L’idée est claire : transformer l’énergie de la jeunesse en levier de développement local, tout en renforçant son autonomisation.
À Lomé, le 8e forum ne se limite donc pas à un exercice technique. Il pose les bases d’un volontariat ouest-africain mieux mesuré, mieux coordonné, et mieux armé pour répondre aux défis sociaux et économiques de la région.

