La dette totale du Togo a connu une progression ces dernières années, passant de 2 555,45 milliards de francs CFA en 2020 à 4 217,73 milliards de francs CFA en 2024. Cette augmentation s’explique par les besoins urgents auxquels l’État a dû faire face, notamment la crise sécuritaire au nord du pays et l’inflation mondiale.
Malgré la hausse, le Togo respecte encore la norme communautaire de l’Uemoa qui fixe le plafond d’endettement à 70 % du PIB. À fin décembre 2024, le ratio dette/PIB atteignait 69,16 %, soit tout juste en dessous de ce seuil. Les experts considèrent qu’il s’agit d’un niveau maîtrisé, d’autant plus que le gouvernement a engagé une trajectoire de consolidation budgétaire.
Les perspectives économiques sont favorables, avec une inflation qui recule nettement. En 2024, elle s’est établie à 3 %, contre 5,7 % un an plus tôt. La maturité moyenne de la dette s’est également allongée, passant de 6,45 ans en 2023 à 6,67 ans en 2024, grâce notamment à des prêts concessionnels à très long terme obtenus auprès de la Banque mondiale.
Les agences de notation financière ont reconnu les efforts du Togo. En septembre 2024, Standard & Poor’s a amélioré la perspective du Togo de « stable » à « positive », saluant la croissance soutenue et la discipline budgétaire. Moody’s a également révisé sa notation, passant de « négative » à « stable », estimant que l’assainissement budgétaire et l’accès accru aux financements concessionnels garantissent la soutenabilité de la dette à partir de 2025.
Le Togo a conclu un accord de 390 millions de dollars avec le FMI pour renforcer la stabilité macroéconomique et réduire progressivement le risque de surendettement. La dette actuelle, lorsqu’elle est bien gérée et orientée vers le développement, devient un levier de souveraineté économique future. Le gouvernement ambitionne de réduire le ratio dette/PIB à 62 % d’ici 2028, une cible jugée ambitieuse mais atteignable par les experts si la discipline budgétaire se maintient.
En définitive, la dette du Togo n’est pas une menace irréversible, mais un pari sur l’avenir. Si ce pari est tenu, le Togo aura transformé une inquiétude présente en liberté économique future. Les investissements utiles, l’accompagnement international et l’assainissement budgétaire sont autant de facteurs qui contribuent à faire de la dette un outil de développement sous contrôle.

