Ce n’est plus seulement une visite de courtoisie. Ce mercredi 4 novembre 2026, l’ambassadeur du Gabon est venu parler bicaméralisme avec le président de l’Assemblée nationale togolaise. Et ce choix de sujet dit tout._
Il y a des audiences qui ressemblent à des formalités. Et il y en a qui dessinent une stratégie.
Celle accordée ce mercredi par le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, à Monsieur Maximin Mangoualamangoye, Ambassadeur de la République gabonaise au Togo, appartient à la seconde catégorie.
Officiellement, il s’agissait de consolider les relations d’amitié entre les deux pays. En réalité, les deux hommes ont mis sur la table un sujet très précis, très technique, et très politique : le bicaméralisme.
Le Togo et le Gabon ont en commun une particularité institutionnelle rare sur le continent : ils fonctionnent désormais avec deux chambres parlementaires. Deux expériences récentes, deux chemins différents, et la même question : comment faire fonctionner efficacement un Sénat aux côtés d’une Assemblée nationale, sans doublon, sans conflit, mais avec une complémentarité réelle ?
« Il s’agit de voir comment conforter déjà la relation institutionnelle, notamment entre nos deux Parlements », a résumé le diplomate gabonais à l’issue de l’audience. La formule est sobre, mais elle révèle une volonté : ne plus se contenter de relations entre gouvernements, mais construire une diplomatie parlementaire directe.
Car au-delà du partage d’expériences, l’enjeu est aussi géopolitique. Lomé et Libreville veulent parler d’une seule voix dans les instances régionales et internationales, au sein de l’Union interparlementaire, du Parlement de la CEDEAO, de la CEMAC et de l’Union africaine. Dans un monde où les parlements pèsent de plus en plus dans la diplomatie, la concertation préalable devient un avantage stratégique.
Cette rencontre s’inscrit donc dans une logique de communauté de destin, pour reprendre les mots de l’ambassadeur. Deux pays francophones, liés par l’histoire, qui choisissent de faire de leurs parlements le moteur d’une coopération qui ne soit plus seulement diplomatique, mais institutionnelle, durable et concrète.
À Lomé, le message est clair : l’avenir de la coopération Togo-Gabon passera aussi par les hémicycles.
La rédaction

