L’intégration des marchés africains accélère. Pour ne pas subir cette nouvelle donne, le Togo choisit de former. Le ministère du Commerce et du Contrôle de la qualité a ouvert mercredi 5 août à Lomé un séminaire national de trois jours destiné à renforcer la culture de la concurrence chez les opérateurs économiques.
Organisée avec le soutien financier et technique de l’Union européenne et de la Commission de l’UEMOA, la rencontre rassemble experts, chefs d’entreprise, représentants d’organisations professionnelles et médias. L’objectif est simple : rendre accessible et compréhensible le corpus de règles qui encadrent désormais les échanges à l’échelle régionale et continentale.
Une mise à niveau devenue indispensable
Avec l’UEMOA, la CEDEAO et la Zone de libre-échange continentale africaine, les frontières commerciales s’effacent. Les opportunités se multiplient, mais les exigences aussi. Les ententes illicites, les abus de position dominante ou encore les aides d’Etat déguisées sont désormais passés au crible par des autorités régionales de plus en plus actives.
C’est ce constat qui a motivé l’initiative. « Les règles communautaires de concurrence restent encore insuffisamment maîtrisées. C’est précisément pour répondre à ce besoin que ce séminaire est organisé, afin de bâtir un marché commun fondé sur l’équité, la transparence et la protection des consommateurs », a expliqué Comlan YAKPE, secrétaire général du ministère du Commerce et du Contrôle de la qualité.
Pour l’exécutif, la maîtrise de ces textes n’est pas un détail juridique. Elle est au cœur de la compétitivité. Une concurrence loyale attire les investisseurs, garantit des prix justes pour les consommateurs et donne aux entreprises togolaises les moyens de s’imposer hors des frontières.
Trois cadres, un seul objectif : des marchés efficients
Durant les travaux, l’accent est mis sur l’articulation entre les différents dispositifs. Les participants s’approprient d’abord les règles de l’UEMOA qui régissent les ententes et les concentrations au sein de l’espace communautaire. Ils examinent ensuite le dispositif de la CEDEAO, conçu pour compléter la surveillance à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest. Enfin, ils décryptent le protocole concurrence de la ZLECAf, qui vise à harmoniser les principes sur tout le continent.
Georges Anicet OUEDRAOGO, représentant le département du Marché régional de l’UEMOA, a rappelé que la promotion d’une concurrence saine est devenue une nécessité stratégique pour tout Etat moderne, tant elle détermine l’efficacité des marchés et la dynamique de croissance.
Outiller pour mieux contrôler et exporter
Au-delà des exposés, le séminaire veut produire des effets concrets. Il s’agit de donner à l’administration comme aux entreprises les réflexes pour repérer les distorsions, alerter les autorités compétentes et adapter leurs pratiques avant de se lancer sur de nouveaux marchés.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la stratégie gouvernementale d’amélioration du climat des affaires. Alors que les droits de douane baissent, le respect des règles de concurrence devient le principal facteur de différenciation entre opérateurs.
Les conclusions attendues porteront notamment sur le renforcement des capacités de contrôle, une meilleure coordination entre les régulateurs nationaux et communautaires, et une campagne de sensibilisation ciblée vers les PME.
Le signal envoyé est donc sans équivoque. Pour prospérer dans un marché régional et continental intégré, les entreprises togolaises doivent intégrer les règles de concurrence comme un avantage compétitif et non comme une contrainte.

