Ce n’est plus de l’écologie. C’est de la survie politique. Lundi 21 septembre à Accra, la Présidente du Parlement de la CEDEAO, Hadja Mémounatou Ibrahima, a changé le récit. Le changement climatique n’est plus un dossier environnemental, c’est une bombe sécuritaire à retardement pour l’Afrique de l’Ouest.
Devant la vice-présidente ghanéenne Naana Jane Opoku-Agyemang, elle a ouvert le double rendez-vous du Parlement – séminaire parlementaire et session extraordinaire jusqu’au 27 septembre – avec une phrase qui donne le ton : « Le changement climatique est devenu non seulement un enjeu de développement, mais également un enjeu de paix et de sécurité ».
L’argument est implacable. Les inondations qui viennent de frapper la façade côtière ouest-africaine ne détruisent pas seulement des maisons, elles déplacent des populations, exacerbent la compétition pour la terre et l’eau, et nourrissent les tensions communautaires qui alimentent l’insécurité.
Pour Mémounatou Ibrahima, les parlementaires doivent cesser de voter des engagements climatiques à l’international pour les oublier dans les budgets nationaux. Elle exige que chaque promesse se traduise en loi, en ligne budgétaire, en résultat visible pour le paysan ou le pêcheur.
C’est d’ailleurs le second enjeu d’Accra : le budget 2027 du Parlement. Dans un contexte de prudence macroéconomique, la Présidente l’a qualifié d’exercice de « priorisation, d’action et de crédibilité ». Chaque franc demandé doit prouver son impact sur l’intégration.
Le message final est politique. Face à l’accumulation des crises – sécuritaire, climatique, économique – la région ne s’en sortira que par une « action collective, coordonnée et solidaire ». Et le Parlement doit prendre sa part, non comme une chambre d’enregistrement, mais comme un espace qui produit des solutions concrètes.
À Accra, terre de Nkrumah, Mémounatou Ibrahima a appelé à la « lucidité, la franchise et le pragmatisme ». Le climat n’attendra pas les discours.

