À Tabligbo, la terre se négocie avant de se creuser. Lundi 21 septembre, West African Cement (WACEM) a sorti le chéquier pour s’offrir 5 ans de paix sociale. Montant de l’opération : 71 040 320 FCFA pour 28,143 hectares appartenant à six collectivités.
Le cimentier ne paie pas seulement de la terre. Il paie ce qu’il y a dessus.
Sur les 71 millions versés :
– 8,4 millions FCFA pour le foncier lui-même
– 62,5 millions FCFA pour les cultures qui y poussaient
C’est la condition pour exploiter ses nouvelles délimitations. Et surtout, l’engagement est clair : à la fin des 5 ans d’exploitation, les terrains seront rétrocédés à leurs propriétaires.
Une opération sous haute surveillance. Le préfet de Yoto, Lt-Col Djossou Agossa, présent sur les lieux, a salué la démarche tout en lançant un avertissement aux bénéficiaires : utilisez cet argent à bon escient, évitez les querelles de famille autour du partage.
Même son de cloche chez Togbui Akpodo Toklokpa III, président des chefs traditionnels de Yoto, qui a souhaité que ces fonds « améliorent réellement les conditions de vie ».
Dans une région où le foncier est plus sensible que le clinker, WACEM a compris une chose : une carrière ne s’exploite pas sans les propriétaires. Le dialogue et la compensation valent mieux que des engins à l’arrêt.
Le deal est simple : WACEM exploite 5 ans, les collectivités encaissent, puis récupèrent leurs terres. Un modèle de cohabitation que le préfet veut ériger en exemple.
P.A

