Depuis le 21 septembre, Lomé abrite un atelier qui n’a l’air de rien, mais qui vaut des milliards. Pendant 4 jours, jusqu’au 24 septembre, le Togo forme ses entreprises à une arme commerciale invisible : les règles d’origine. Sans elle, pas d’exportation compétitive en Afrique.
L’enjeu est simple : sous la ZLECAf, ce n’est plus ce que vous exportez qui compte, c’est ce que vous prouvez.
Assembler au Togo des matières premières importées ne suffit plus pour bénéficier de droits de douane réduits ou nuls chez le voisin. Il faut démontrer que le produit est _substantiellement_ togolais. Combien de transformation locale ? Quelle part de valeur ajoutée créée à Lomé, à Kara ? D’où viennent les intrants ?
C’est tout l’objet de cette rencontre pilotée par le ministère de l’Industrie, avec deux parrains de poids : l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et l’UEMOA.
Pourquoi c’est vital ?
Deux sésames en dépendent : la Taxe Préférentielle Communautaire (TPC) de l’UEMOA et le Schéma de Libéralisation des Échanges (SLE) de la CEDEAO. Sans le certificat d’origine conforme, une entreprise togolaise agréée paie plein pot à la frontière ghanéenne ou nigériane. Avec, elle passe à taux zéro et écrase la concurrence.
Le Togo veut tourner la page du modèle import-revente. Pour le ministère, maîtriser les règles d’origine, c’est le passage obligé pour transformer le pays en base industrielle qui produit, transforme et exporte, et non plus en simple couloir d’importation.
À l’heure où les 1,4 milliard de consommateurs de la ZLECAf s’ouvrent, savoir prouver l’origine togolaise n’est plus une formalité douanière. C’est un avantage compétitif.
P.A

