New York, 81e Assemblée générale. Robert Dussey accorde une interview à France 24, média suspendu au Togo depuis 15 mois. Le ministre togolais des Affaires étrangères en profite pour clarifier la position de Lomé sur ses deux partenariats les plus scrutés.
Sur la Russie, la ligne est ferme.
Interrogé sur la présence d’Africa Corps, successeur de Wagner, au Togo, Dussey est catégorique : « Nous n’avons pas de mercenaires russes ».
Il replace le débat dans l’histoire longue : les relations diplomatiques remontent au 1er mai 1960 avec l’URSS. L’accord de 2025 n’est qu’une continuité. La présence russe sur le sol togolais ? Des formateurs, liés à l’achat d’équipements, comme il en existe pour le matériel français, américain ou chinois. Nuance essentielle pour Lomé qui refuse l’amalgame entre coopération militaire et mercenariat.
Sur la France, le discours est celui de la normalisation.
Malgré la suspension de RFI et France 24 en juin 2025 pour « manquements répétés » et l’affaire des deux réalisateurs français interpellés en juillet 2026, Dussey refuse de parler de crise : « Les relations entre la France et le Togo n’ont jamais été difficiles. Nos relations sont bonnes ».
Le chef de la diplomatie reconnaît des « malentendus » mais défend une logique de souveraineté qui s’applique à tous.
Le fil rouge de l’interview est sécuritaire. Dussey affirme que l’extrême-nord est « beaucoup plus pacifique qu’il y a quatre ans » grâce à la coopération avec le Burkina Faso, et plaide pour ne pas isoler les pays de l’AES dans la lutte anti-terroriste. C’est là que se joue le rôle que veut incarner le Togo : médiateur qui parle à tout le monde, sans exclusive.
À New York, Lomé a rappelé sa doctrine : diversification des partenaires, continuité des alliances historiques, et non-alignement assumé.
La rédaction

