La jeunesse togolaise dispose d’un nouveau levier pour exprimer ses talents et structurer ses ambitions. L’Espace Orange, initiative portée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a officiellement rouvert ses portes à Lomé en présence du Ministre de la Culture et du Tourisme, Isaac Tchiakpé, et du Ministre des Sports et de la Jeunesse, Abdoul Fahd Fofana. Pensé comme un lieu de convergence entre créativité, entrepreneuriat et citoyenneté, ce cadre moderne incarne la volonté des pouvoirs publics et des partenaires techniques de faire de la jeunesse un acteur central du développement.
Un lieu repensé pour les aspirations d’une génération connectée
L’Espace Orange n’est pas un simple centre de jeunes. C’est un écosystème conçu pour répondre aux besoins réels des 15-35 ans. Espaces de coworking entièrement équipés, salles d’innovation et de prototypage, studios de création numérique, zones de conférence et d’échanges. L’aménagement traduit une approche intégrée. Offrir aux jeunes les conditions matérielles, techniques et intellectuelles pour passer de l’idée au projet, du projet à l’entreprise.
L’UNFPA, à l’origine de l’initiative, inscrit cet investissement dans son mandat de promotion de la santé, des droits et du potentiel des adolescents et des jeunes. L’Espace Orange devient ainsi un point d’ancrage pour les programmes d’éducation à la santé sexuelle et reproductive, de lutte contre les violences basées sur le genre, mais aussi d’accompagnement à l’employabilité et à l’entrepreneuriat culturel et numérique.
La culture et la jeunesse, deux ministères mobilisés pour une même ambition
La présence conjointe d’Isaac Tchiakpé et d’Abdoul Fahd Fofana donne à cette réouverture une portée politique claire. D’un côté, le Ministère de la Culture et du Tourisme voit dans l’Espace Orange un incubateur pour les industries culturelles et créatives. Musique, arts visuels, cinéma, mode, design, édition numérique. Autant de filières à fort potentiel d’emplois qui trouvent ici un lieu de formation, de production et de mise en réseau. « La culture n’est pas un luxe. C’est une économie et un langage pour notre jeunesse », a rappelé le Ministre Tchiakpé en saluant un espace où les jeunes créateurs pourront tester, se professionnaliser et accéder aux marchés.
De l’autre, le Ministère des Sports et de la Jeunesse y voit un outil de politique publique dédié à l’autonomisation. Le Ministre Fofana a insisté sur la nécessité de multiplier les cadres d’expression et d’incubation qui sortent les jeunes de l’informel et de l’attentisme. « L’Espace Orange est une réponse concrète. On y vient avec une idée. On en ressort avec un plan, des compétences et des contacts », a-t-il souligné. Les deux ministres ont appelé les associations de jeunes, les universités, les startups et les mentors à investir les lieux pour en faire une maison commune.
Coworking, Incubation, Innovation : Les trois piliers du modèle Espace Orange
Le fonctionnement de l’Espace Orange repose sur trois piliers complémentaires.
Le coworking : Des postes de travail ouverts, du wifi haut débit, des salles de réunion. L’objectif est de briser l’isolement des jeunes porteurs de projets et de favoriser les collaborations interdisciplinaires. Un graphiste peut y rencontrer un développeur, un musicien y croiser un gestionnaire de projet.
L’incubation : Des programmes d’accompagnement structurés seront déployés avec des partenaires techniques. Formation en gestion, mentorat, accès à des experts, préparation au financement. L’ambition est d’augmenter le taux de survie des initiatives lancées par les jeunes et de les connecter aux dispositifs nationaux comme le FAIEJ ou aux fonds privés.
L’innovation sociale et technologique : L’espace accueillera des hackathons, des ateliers de prototypage, des formations au numérique et des campagnes de sensibilisation sur la santé, la citoyenneté et l’environnement. L’innovation est entendue au sens large. Technologique, mais aussi sociale, culturelle et civique.
Un partenariat Public-Privé-International au service des jeunes
La réouverture de l’Espace Orange illustre une méthode. Celle de l’alliance entre l’État, les agences des Nations Unies et le secteur privé. L’UNFPA apporte l’expertise thématique et le financement initial. Les ministères assurent l’alignement stratégique avec les politiques nationales de jeunesse, de culture et d’emploi. Les opérateurs privés, dont Orange, fournissent la connectivité et l’ingénierie technique. Les bénéficiaires finaux, les jeunes, sont invités à cogérer et à animer le lieu pour qu’il reste en phase avec leurs réalités.
Ce modèle de gouvernance partagée est présenté comme une garantie de durabilité. Il évite l’écueil des infrastructures inaugurées puis désertées. Ici, la programmation sera continue, évaluée et ajustée avec les usagers.
Faire de la jeunesse une puissance de proposition
La réouverture de l’Espace Orange dépasse l’événement protocolaire. Elle envoie un signal. L’investissement dans la jeunesse ne se limite pas aux discours. Il se matérialise par des lieux, des outils et des opportunités. En associant culture, sport, innovation et santé, le Togo et l’UNFPA proposent une vision holistique de l’autonomisation.
Le défi est désormais celui de l’appropriation. Aux jeunes de Lomé et de tout le pays de faire vivre l’Espace Orange, de le transformer en fabrique de solutions, d’emplois et de contenus qui racontent le Togo au monde. Aux institutions de maintenir le cap, d’assurer l’accès équitable et de mesurer l’impact. Si cette alchimie prend, l’Espace Orange deviendra plus qu’un bâtiment. Il sera la preuve qu’une politique de jeunesse ambitieuse commence toujours par la confiance accordée à ceux qui la portent.

