La composition de la commission de gestion du Fonds d’appui aux collectivités territoriales (FACT) s’élargit à une figure politique de premier plan. Par arrêté du ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires, le député à l’Assemblée nationale et maire de la commune de Danyi 1, Kossivi Wonyra, a été officiellement désigné membre de cet organe stratégique. Cette nomination intervient dans le cadre du renouvellement périodique des membres de la commission, mécanisme central de pilotage du financement de la décentralisation au Togo.
Membre de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), formation de l’opposition parlementaire, Kossivi Wonyra siège à l’Assemblée nationale depuis la législature en cours. Il est également maire de Danyi 1, commune de la région des Plateaux, où il a acquis une expérience concrète de la maîtrise d’ouvrage communale, de la programmation budgétaire locale et de la conduite de projets d’infrastructures de base. Cette double casquette, parlementaire et exécutif local, confère à sa nomination une portée particulière. Elle fait entrer au sein du FACT un élu qui connaît à la fois les contraintes de l’allocation nationale des ressources et les réalités de l’exécution sur le terrain.
Créé pour accompagner les 117 communes du pays, le Fonds d’appui aux collectivités territoriales est l’instrument par lequel l’État transfère des ressources destinées à l’investissement local, à l’équipement des mairies et au financement des services de proximité. La commission de gestion en est l’instance d’orientation et de contrôle. Elle valide les critères de répartition, examine les requêtes des communes, veille à l’équité territoriale et assure le suivi-évaluation de l’utilisation des fonds. Y siéger suppose donc de maîtriser les enjeux de péréquation, de redevabilité et d’efficacité de la dépense publique locale.
La désignation de Kossivi Wonyra pour représenter la région des Plateaux répond à une exigence d’équilibre géographique au sein de la commission du FACT. Chaque région doit pouvoir y faire entendre sa voix, porter ses priorités et défendre ses dossiers. Au-delà de la géographie, le choix d’un élu de l’opposition n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une pratique de gouvernance qui vise à associer toutes les sensibilités politiques à la gestion des instruments financiers de la République. Dans un contexte où la décentralisation est présentée comme un chantier de cohésion nationale, la présence d’un député-maire issu d’un parti non majoritaire au sein du FACT peut être lue comme un gage d’inclusivité et de transparence.
L’arrivée de Kossivi Wonyra dans la commission intervient alors que les collectivités territoriales font face à trois défis majeurs. L’accroissement des besoins en infrastructures scolaires, sanitaires et marchandes. La nécessité d’améliorer le taux d’absorption des crédits transférés. Et l’exigence de traçabilité dans l’utilisation des ressources, sous le regard des citoyens et des partenaires techniques et financiers. Fort de son expérience de maire, le nouvel entrant est attendu sur sa capacité à défendre une répartition qui tienne compte des indices de pauvreté, de l’enclavement et du potentiel fiscal des communes. En tant que parlementaire, il est également appelé à jouer un rôle de passerelle entre la commission du FACT et l’Assemblée nationale, notamment lors des débats sur la loi de finances et des missions de contrôle de l’action gouvernementale.
Pour le président de la commission, l’intégration de profils expérimentés et pluriels renforce la légitimité des arbitrages. Pour les communes des Plateaux, la présence d’un des leurs constitue un canal direct pour remonter les difficultés et accélérer le traitement des dossiers. Pour le ministère de tutelle, c’est la démonstration que le FACT n’est pas l’instrument d’un camp, mais l’outil de toutes les collectivités, sans distinction partisane.
La nomination de Kossivi Wonyra ne règle pas à elle seule la question de l’efficacité du FACT. Elle crée cependant les conditions d’un débat contradictoire et documenté au sein de la commission. L’efficacité et la transparence de la gestion du fonds dépendront désormais de la qualité des délibérations, de la rigueur des critères et du contrôle citoyen. En ouvrant la commission à un député-maire de l’opposition, les autorités font le pari de la cogestion. Aux membres de prouver que cette diversité est une force au service du développement local.

