C’est au Centre des Conférences de Lomé que le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de l’Accès universel aux Soins et des Assurances, Jean-Marie Ewonoulé Tessi, a donné le coup d’envoi, ce jeudi, des premières Journées du Secteur Privé de la Santé au Togo (JSPST). Organisées par la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-Togo), ces assises inaugurales, prévues pour deux jours, sont placées sous le thème « Rôle du secteur privé dans la promotion de l’Assurance Maladie Universelle au Togo ». Elles entendent poser les fondations d’une collaboration structurée entre l’État et les opérateurs privés, au service de la couverture sanitaire universelle.
Ces premières JSPST répondent à une orientation de la Fédération Ouest Africaine du Secteur Privé de Santé (FOASPS), qui encourage ses membres à institutionnaliser des rendez-vous périodiques dédiés au secteur privé. Pour la PSPS-Togo, l’enjeu est de faire de Lomé un espace de réflexion et de coordination, où cliniques, cabinets, laboratoires, pharmacies et distributeurs de dispositifs médicaux confrontent leurs expériences et alignent leurs stratégies sur les priorités nationales. Le programme articule réunions techniques, panels de haut niveau et conférences scientifiques, avec pour fil conducteur la reconnaissance pleine et entière du secteur privé comme composante indissociable du système de Dans son allocution d’ouverture, le ministre Jean-Marie Ewonoulé Tessi a refusé de voir dans ces journées une simple tribune. Elles s’inscrivent, selon lui, dans une dynamique nationale exigeante. Bâtir un système de santé performant, résilient et accessible à tous, conforme aux orientations stratégiques du pays et aux attentes légitimes des citoyens. Abordant le thème retenu, il a rappelé que l’Assurance Maladie Universelle n’est pas un sujet de circonstance. Elle incarne une ambition nationale assumée, un engagement politique porté au plus haut niveau de l’État, et une exigence sociale fondamentale.
Garantir à chaque Togolais, sans distinction aucune, un accès équitable, continu et de qualité aux soins. Le ministre a invité les participants à transformer ces journées en cadre de réflexion stratégique approfondie, en espace de dialogue franc et constructif, mais surtout en point de départ d’engagements concrets, mesurables et durables. L’objectif n’est pas de débattre pour débattre, mais d’agir avec détermination.
Le président de la PSPS-Togo, Dr Koundé Innocent Kpéto, a salué les avancées réalisées par le gouvernement pour rapprocher les soins des populations. Construction de nouveaux établissements, renforcement des plateaux techniques, montée en compétence des ressources humaines : autant de préalables indispensables à la couverture sanitaire universelle. Cette urgence de renforcement de l’offre ne saurait, a-t-il insisté, laisser en marge le secteur privé sanitaire. Déjà fortement engagé avec ses plateaux techniques de diagnostic, ses unités de soins spécialisés et sa chaîne logistique des produits de santé, il constitue un pilier du système.
Pour Dr Kpéto, le développement du secteur privé de santé est un moteur de l’économie de la santé et un impératif d’équilibre et de pérennité. Les ressources endogènes mobilisées pour financer la CSU doivent servir à prendre en charge la santé de la force productive, mais aussi à soutenir le développement structuré d’un secteur économique qui contribue à la richesse nationale. Les entreprises de santé sont des employeurs de premier plan. Elles recrutent massivement les diplômés des facultés et des centres de formation, et leur contribution fiscale est non négligeable. À ce titre, elles méritent une attention spécifique. Les acteurs privés attendent un soutien accru à l’investissement, notamment pour l’acquisition d’équipements médicaux lourds et la formation des ressources humaines.
Les JSPST se veulent opérationnelles. Les échanges portent sur les mécanismes de contractualisation avec l’INAM, la standardisation des parcours de soins sous AMU, l’interopérabilité des systèmes d’information, l’accès au financement pour la mise à niveau des cliniques, et la fiscalité des investissements sanitaires. La PSPS-Togo entend fédérer les énergies et les potentialités du secteur, lever les goulets d’étranglement et saisir les opportunités offertes par l’AMU pour accroître la qualité et la couverture des services.
En lançant ces premières Journées, le gouvernement et la PSPS-Togo actent une évidence. La réussite de l’Assurance Maladie Universelle ne se décrétera pas. Elle se construira dans un partenariat exigeant entre puissance publique et secteur privé. Le premier fixe le cap, garantit l’équité et régule. Le second investit, innove et délivre les soins au quotidien. Lomé, en avril 2026, aura été le lieu où ce pacte de responsabilité a été publiquement scellé. Reste à le traduire en actes, en indicateurs et en résultats mesurables pour les patients.

