Alors que les inondations continuent de frapper la côte ouest-africaine, le Togo n’a pas été épargné. Dans ce contexte de détresse, des gestes de solidarité prennent tout leur sens. À Adakpamé Kpota-Colas, Togbui LANKLIVI Adjikou Ier, chef du quartier, a posé un acte fort : offrir vivres et matériels à près de 500 ménages durement éprouvés par la montée des eaux.

Au-delà des sacs de riz et des bidons d’huile, c’est un message d’espoir et de dignité qu’il adresse à toute sa communauté.
« Aux premières heures, nous n’avons pas attendu » : l’interview de Togbui LANKLIVI
Sous l’arbre à palabre, entouré de ses notables, le chef revient avec gravité sur les heures qui ont suivi la catastrophe.

Togbui, comment avez-vous vécu cette catastrophe dans votre quartier ?
Togbui LANKLIVI Adjikou Ier : _« C’était la désolation. L’eau est montée très vite. Des maisons se sont effondrées, des champs détruits, des enfants n’avaient plus où dormir. En tant que chef, mon premier devoir est de protéger mon peuple. Aux premières heures de ce sinistre, avec mes collaborateurs, nous avons porté les premiers secours. Nous avons sorti les familles de l’eau, ouvert nos maisons pour héberger les plus démunis. Mais cela ne suffisait pas. »_
Qu’est-ce qui vous a motivé à organiser cette distribution ?
Togbui LANKLIVI Adjikou Ier.: _« La chefferie n’est pas un titre. C’est une charge, une responsabilité devant Dieu et devant les ancêtres. Quand ton enfant a faim, tu ne dors pas. Nous avons vu que l’État et les bonnes volontés faisaient leur part, mais à Kpota-Colas, l’urgence était là, immédiate. Nous avons donc mobilisé ce que nous avions : des sacs de riz, de maïs, des bidons d’huile. Mais aussi des bottes, des pelles et des râteaux. Parce qu’après manger, il faut aussi pouvoir nettoyer, reconstruire. »
Quel est votre message aujourd’hui ?
Togbui LANKLIVI Adjikou Ier :_« Je veux dire à ma communauté : tenez bon. L’épreuve passera. Et je veux dire aux autorités : Adakpamé Kpota-Colas existe. Nous avons besoin d’infrastructures de drainage, de digues. La solidarité est belle, mais la prévention est mieux. »_
La voix des bénéficiaires : « Un père pour nous »
Sur le site de distribution, l’émotion est palpable. Sous la pluie fine, femmes, jeunes et anciens patientent, ticket en main.
Mme Kossiwa A., mère de 5 enfants: « L’eau a tout emporté chez moi. Le riz, le maïs, l’huile… Nous n’avions plus rien à manger depuis 2 jours. Aux premières heures de ce sinistre, le chef et ses collaborateurs ont porté les premiers secours à sa communauté qui est en détresse. Aujourd’hui il revient encore. Togbui LANKLIVI est un vrai père. Que Dieu le bénisse. »
M. Koffi D., jeune du quartier.: « Les bottes et les pelles, c’est ce qu’il nous fallait. On ne peut pas rester les bras croisés. Avec ça, nous allons aider à curer les caniveaux et enlever la boue dans les maisons. Le chef pense à tout. »
Mme Adjo E., commerçante : « Nous prions pour lui. Certains appellent à ce que le chef LANKLIVI puisse devenir chef canton pour que certains besoins puissent être résolus. Avec un cœur comme le sien, il peut porter la voix de toute la zone. Il nous connaît, il vit avec nous. »_
Une chefferie moderne, tournée vers l’action
La dotation est significative : des tonnes de riz et de maïs, des bidons d’huile, mais aussi du matériel concret pour la reconstruction : bottes, pelles, râteaux. Un choix délibéré pour répondre à l’urgence alimentaire et permettre aux familles de se relever.
Pour les habitants de Kpota-Colas, ce geste dépasse le cadre de l’assistance. Il incarne une chefferie de proximité, présente dans la douleur et engagée dans l’action.
Alors que l’évaluation des dégâts se poursuit, l’initiative de Togbui LANKLIVI Adjikou Ier rappelle une évidence : dans les moments de crise, le premier rempart reste la solidarité locale, portée par ceux qui connaissent le terrain et aiment leur peuple.
À Adakpamé Kpota-Colas, un nom revient désormais dans toutes les bouches : Togbui LANKLIVI Adjikou Ier. Celui qui, au cœur du sinistre, a choisi de se tenir debout avec les siens.

