Canettes de boissons énergisantes vides au coin des rues, sachets de liqueurs artisanales vendus à la sauvette, comprimés avalés sans ordonnance pour « tenir » ou « s’évader ». Le ministère de la Santé tire la sonnette d’alarme : ces pratiques, devenues banales, sont en train de faire des ravages.
Dans un communiqué publié ce mardi, Jean-Marie Koffi Ewonoule TESSI, Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique, de la Couverture Sanitaire Universelle et des Assurancesdénonce une menace qui s’installe silencieusement et détruit, génération après génération.
L’euphorie d’un soir, les dégâts de toute une vie
Le constat est sans appel. Derrière le coup de boost et la sensation recherchée, l’organisme paie cash. Cœur, foie, reins, cerveau : aucun organe n’est épargné.
Les médecins alertent depuis des mois. L’abus de boissons énergisantes provoque troubles cardiaques et hypertension. Les liqueurs artisanales, brassées sans aucun contrôle, contiennent parfois des substances toxiques. Quant aux médicaments psychoactifs détournés, ils créent des dépendances rapides et des troubles psychiatriques.
Résultat : une montée des maladies chroniques, une espérance de vie qui recule et des jeunes qui hypothèquent leur avenir avant même de l’avoir commencé.
Quand la santé des individus plombe l’économie du pays
Le problème dépasse le cadre personnel. Chaque hospitalisation, chaque maladie chronique, chaque jeune déscolarisé coûte cher aux familles et à l’État.
« Au-delà de la souffrance humaine, c’est tout le pays qui trinque », souligne le ministère. Entre la baisse de productivité, la saturation des centres de santé et le coût des traitements, la facture sociale est salée.
D’où ce rappel fort du ministre : « Préserver sa santé est aussi un acte de patriotisme ». Protéger sa santé, c’est alléger le fardeau des familles et donner au système de santé les moyens de soigner ceux qui en ont vraiment besoin.
Le plan du ministère : revenir aux bases
Face à cette banalisation, le gouvernement ne mise pas sur la répression seule. Il appelle à un changement de comportement, en commençant par les jeunes.
Le ministère recommande six réflexes simples : bouger régulièrement, boire de l’eau, manger local et équilibré, réduire sucre, sel et huile, ne jamais prendre de médicament sans ordonnance, et surtout, chercher le bien-être ailleurs que dans une substance.
« Notre santé n’a pas de prix »
Le message veut être percutant. Pas de fatalité, pas de fatalisme.
« Nous l’entretenons au quotidien par des choix et des habitudes responsables », insiste le communiqué. Pour le ministère, la prévention reste le meilleur traitement et la responsabilité de chacun, le meilleur vaccin.
Un appel à la mobilisation générale, alors que le Togo veut atteindre la Couverture Sanitaire Universelle. Car une nation en bonne santé est une nation qui avance.
La rédaction

