Kara accueille pour la première fois le congrès national de cardiologie du Togo, plus de 300 professionnels de santé des Savanes, de la Centrale et Kara formés
Du 9 au 10 juin 2026 Kara vibre au rythme de la cardiologie. Pour la première fois, la Société de Cardiologie du Togo (SOCART) a délocalisé son congrès national dans la région septentrionale. Objectif : rapprocher la formation du personnel médical et paramédical des structures publiques et privées qui peinent à se déplacer jusqu’à Lomé.
Les participants lors de cérémonie d’ouverture
La cérémonie d’ouverture de ce 3è Congrès s’est tenue en présence du Secrétaire Général du Gouvernorat de la Kara GNIGBANGOU Gountitoute, représentant le Gouverneur, du Directeur Régional de la Santé Dr AGORO Sibabe, du Président de la SOCART Médecin Lt-Col Professeur PIO M. et du Président du Comité Scientifique Pr PESSINABA Soulemane.
Des ateliers pratiques au cœur du programme
La table d’honneur
Face à la montée des maladies cardiovasculaires, première cause de mortalité au Togo et dans le monde, le congrès mise sur l’action. Pendant deux jours, plus de 300 professionnels de santé des trois régions du nord sont formés à des gestes concrets : utilisation des seringues électriques et des moniteurs multiparamétriques, manipulation des défibrillateurs, réalisation et interprétation de base de l’ECG, réanimation cardiopulmonaire de base RCP.
Med Lt-Col Pr PESSINABA lors de l’atelier pratique
Pour le Pr PESSINABA Soulemane, Médecin Lt-Col des FAT et Président du Comité Scientifique, l’enjeu est clair : « Face à la montée des maladies cardiovasculaires, le 3è congrès de SOCART à Kara axe ses travaux sur la réanimation cardio-pulmonaire pour améliorer la prise en charge d’urgence. Le programme combine une formation de base pour les non-spécialistes et une mise à jour pour les cardiologues sur les nouvelles recommandations JESFC et ESC, plus les techniques d’imagerie comme le strain en échographie ».
Med Lt-Col Pr PIO M. lors de l’atelier pratique
Le Président de la SOCART, Lieutenant -Colonel Pr PIO M., insiste sur le choix de Kara : « Plus du tiers de la population vit dans les 3 régions septentrionales (Centrale, Kara Savanes. Organiser toujours à Lomé, c’est difficile pour les prestataires. L’État équipe déjà les CMS en défibrillateurs et scopes, mais ces outils restent dans les cartons faute de formation. Une fois formés, les agents gagnent du temps et offrent des soins de très grande précision ».
Participants lors des ateliers
La parole aux participantes
Au milieu des salles bondées, deux soignantes partagent leur ressenti.
Mme WAGBE infirmière d’État au CMS de Bafilo ,« Je suis venue de Bafilo avec mes collègues. D’habitude on entend parler des défibrillateurs, mais on n’ose jamais les toucher. Aujourd’hui on a appris à les manipuler pas à pas. Ça change tout. Quand un patient fait un arrêt, on perdait des minutes précieuses. Maintenant je sens que je peux réagir vite et donner une vraie chance de survie. Cette formation à Kara, c’est une chance qu’on n’aurait pas eue sinon ».
Participants en plein atelier
Mme M’BOHN, infirmière au CMS de Kpendjal « Le plus marquant pour moi, c’est l’interprétation de l’ECG et la notion de strain en échographie. On reçoit beaucoup de cas d’HTA et d’insuffisance cardiaque ici au nord. Les nouvelles recommandations qu’on nous partage aujourd’hui vont nous aider à diagnostiquer plus tôt et à adapter le traitement. Et le fait que le congrès soit délocalisé montre que le SOCART pense vraiment aux régions. On repart avec des outils, mais aussi avec la motivation de former nos collègues restés dans les centres périphériques ».
Assistance lors de la cérémonie officielle
Un engagement institutionnel fort
Le Directeur Régional de la Santé Dr AGORO Sibabe salue « une initiative cruciale face aux urgences cardiopulmonaires dans les 3 régions septentrionales ». Le représentant du Gouverneur, GNIGBANGOU Gountitoute, a ouvert officiellement les travaux : « La région de la Kara réaffirme son engagement. Le Gouvernorat apportera l’appui institutionnel et logistique nécessaire. Nous comptons sur chaque participant pour diffuser ces acquis dans les centres de santé les plus reculés ».
Atelier de formation
Prochaine étape pour le SOCART : ramener cette dynamique de formation à Lomé pour couvrir l’ensemble du territoire.