Les cérémonies funéraires de Sa Majesté Ewéfiaga Togbui Agokoli IV, Roi des Ewé, se poursuivent à Notsè. Ouvertes lundi, les journées d’hommage ont pris une dimension nationale ce mardi avec l’afflux de délégations venues de tout le pays pour s’incliner devant la mémoire du souverain.
Dès la matinée, la préfecture de Haho s’est présentée au palais royal. Conduite par le préfet, le colonel Gnakou Alowègnim, la délégation rassemblait maires, conseillers municipaux, responsables d’administrations publiques et privées, ainsi que chefs de services déconcentrés. Au nom de tous, le préfet a salué un règne placé sous le signe de la médiation : « _La disparition de Sa Majesté est une perte immense pour la famille royale, pour Haho et pour la nation togolaise. Le roi était un homme de dialogue et de paix, artisan de la cohésion sociale. Nous témoignons notre solidarité à la famille éplorée_ ». Avant de signer le livre de condoléances, il a rappelé l’empreinte laissée par Togbui Agokoli IV dans la consolidation du vivre-ensemble.
Tout au long de la journée, Notsè est devenue le carrefour du Togo profond. Des délégations de chefs traditionnels et coutumiers venues des Savanes, de la Kara et de la Centrale ont exprimé leur compassion et rendu un dernier hommage à l’illustre disparu, rappelant que sa voix comptait au-delà des frontières de l’aire culturelle ewé.
Le monde économique et social s’est aussi mobilisé. L’Union nationale des transporteurs du Togo, l’Union des routiers du Togo, l’Union des syndicats des conducteurs routiers du Togo, ainsi que la Chambre des métiers du Togo, ont fait le déplacement. Leur présence traduit le respect d’une société civile qui reconnaît au défunt roi un rôle de trait d’union entre institutions, communautés et secteurs d’activité.
Dans l’après-midi, le quartier Adimè a fait vibrer la terre de Notsè au son du Mamano. Cette danse ancestrale, l’une des plus anciennes de la cité, portée historiquement par les guerriers ewé, a été exécutée avec solennité. Plus qu’une prestation, c’était un langage : celui d’un peuple qui, par les pas, les rythmes et les chants, dit sa douleur, sa fierté et son attachement indéfectible aux traditions fondatrices.
Entre les condoléances officielles et l’expression populaire, Notsè rend à Togbui Agokoli IV ce qui revient à un grand homme : la reconnaissance d’une nation et la pérennité d’un héritage.

