Ce n’est pas une formation technique de plus. Depuis le 5 octobre 2026, le ministère de la Justice et des Droits humains sillonne le pays avec une autre ambition : former des citoyens avant de former des artisans.
A travers sa Direction de la formation civique, le ministère a lancé sa tournée nationale du programme de Formation permanente des jeunes. Une campagne qui vise 460 jeunes artisans, dont 300 à l’intérieur du pays, à Mango, Niamtougou, Sotouboua, Kpélé Adéta, Notsè et Vogan, et 160 dans le Grand Lomé.
Le coup d’envoi a été donné à Mango, dans la région des Savanes, en présence du secrétaire général du ministère, Anathère Talim, représentant le Garde des Sceaux, des autorités locales et des responsables préfectoraux des chambres de métiers.
Le constat qui justifie l’initiative est assumé. Les jeunes représentent plus de 60% de la population togolaise. Ils sont le moteur du développement, mais aussi le premier rempart contre l’incivisme qui gangrène le quotidien des ateliers et des communautés. L’objectif est donc d’ancrer chez ces futurs patrons des valeurs qui conditionnent leur réussite autant que leur métier.
Pendant les séances, les cadres de la DFC ne parlent pas de soudure ou de couture. Ils parlent de respect de la loi, de respect de l’autorité et d’autrui, de salubrité et de protection de l’environnement, de civilité, d’honnêteté, de civisme fiscal, de patriotisme par la coproduction de la sécurité, de valorisation des ressources locales et de culture du travail bien fait. Des mots simples qui, mis bout à bout, dessinent le portrait du bon artisan, celui qui honore son contrat, respecte son patron, son client et sa cité.
Sur le terrain, l’initiative a trouvé un écho favorable. Autorités locales, responsables des chambres de métiers et jeunes bénéficiaires ont salué la pertinence d’une démarche qui répond à un besoin réel. Les rencontres ont aussi servi d’exutoire, permettant aux artisans d’exprimer leurs doléances et de débattre des actes d’incivisme qui freinent leur activité.
La phase régionale s’est achevée ce 15 octobre. Place désormais au Grand Lomé, où les 160 derniers jeunes seront formés.
Au-delà de la sensibilisation, le ministère pose un pari stratégique. En investissant dans le savoir-être de la jeunesse artisanale, il veut bâtir un artisanat togolais plus discipliné, plus crédible et plus armé pour porter le développement national.
Launetogo

