C’est une bouffée d’oxygène pour la décentralisation. Ce mardi 13 octobre 2026, au palais des congrès de Lomé, trente-cinq communes ont officiellement signé leur convention de financement dans le cadre du Programme d’appui au financement des communes, le PAFC. Une enveloppe globale de 5 milliards 176 millions de FCFA qui va se transformer en écoles, centres de santé et marchés sur le terrain.
La cérémonie était présidée par Esso Koudjoou, secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale, représentant le ministre, en présence des gouverneurs du Grand Lomé et des Plateaux, ainsi que des partenaires allemands, le premier conseiller Johannes Klotz, la KfW et la GIZ, aux côtés des maires bénéficiaires.
Ce financement est adossé à un don de 20 millions d’euros, soit environ 13,1 milliards de FCFA, de la coopération financière allemande. Au total, le PAFC couvre soixante-neuf communes des régions de la Kara, de la Centrale et des Plateaux. Sa mise en œuvre est assurée par l’Unité de gestion de projet du Fonds d’appui aux collectivités territoriales, avec l’appui technique du groupement I&D-ETD.
L’objectif est clair. Renforcer les capacités des communes à planifier et à exécuter, puis financer des infrastructures qui changent le quotidien dans les secteurs de l’éducation, de la santé, du commerce local et du développement socioéconomique.
La sélection n’a pas été un tirage au sort. Selon le coordonnateur du programme, Dr Siangou Koumtchane, les trente-cinq communes retenues l’ont été sur la base d’une évaluation rigoureuse portant sur leur performance dans la gestion des ressources, la pertinence des projets proposés, la sécurisation du foncier et le respect des normes environnementales et sociales. Une manière de s’assurer que l’argent se transforme en chantiers et non en rapports.
Pour la partie allemande, l’engagement togolais est à saluer. Johannes Klotz a félicité les communes lauréates tout en encourageant les autres à se préparer, annonçant déjà un deuxième appel à projets dans les prochains mois.
Les projets seront exécutés en maîtrise d’ouvrage assistée, c’est-à-dire avec un accompagnement technique permanent pour éviter les éléphants blancs.
Dans son allocution, le secrétaire général du MATGLAC a replacé l’initiative dans la vision Togo 2040 portée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, celle d’un développement équilibré, inclusif et durable. Il a surtout lancé un avertissement aux maires. Rigueur, transparence et responsabilité. La qualité des ouvrages et le respect des procédures devront primer pour garantir des résultats durables.
Un message bien reçu sur le terrain. Pour le maire de Tchaoudjo 3, Ouro-Bodi Dissadama, l’un des bénéficiaires, ce financement va permettre de moderniser le marché communal et d’offrir aux commerçants des espaces de travail dignes. Et de conclure, lucide : la signature n’est pas une fin en soi, c’est le début du travail.
La rédaction

