La capitale togolaise confirme, une fois encore, son statut de carrefour diplomatique du continent. Ce lundi, le Président du Conseil, *Faure Essozimna Gnassingbé*, en sa qualité de Médiateur désigné par l’Union africaine pour la crise dans l’Est de la République Démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs, a dirigé une réunion d’évaluation semestrielle de haut niveau. Objectif : dresser le bilan à mi-parcours du dispositif de médiation et ajuster le cap pour les mois à venir.
Autour de la table, la médiation togolaise a réuni le Panel des facilitateurs mandatés par l’UA, ainsi que des représentants de poids : Nations unies, Communauté d’Afrique de l’Est, Communauté économique des États de l’Afrique centrale, SADC, CIRGL et Comité international de la Croix-Rouge. Une présence qui traduit la convergence, encore fragile, des acteurs autour d’une même architecture de paix.
Lomé : architecte de l’ordre dans la médiation
En ouverture, le Médiateur de l’UA a salué l’engagement constant des facilitateurs et des organisations régionales. Depuis la réunion de cadrage du 17 janvier 2026, tenue également à Lomé, le travail a porté sur l’essentiel : remettre de la cohérence dans un processus longtemps éclaté entre initiatives parallèles.
« Depuis janvier, nous avons franchi une étape décisive en rationalisant l’architecture de la médiation africaine. Cette rencontre consacre une avancée notable dans l’harmonisation de notre action collective et dans la quête de solutions endogènes, durables et appropriées par les Africains eux-mêmes », a déclaré Faure Gnassingbé.
S’il reconnaît les progrès accomplis, le Président du Conseil insiste sur l’exigence qui demeure : resserrer la coordination entre les différents mécanismes. Car sans alignement, la multiplication des efforts risque de diluer l’impact. La médiation africaine, pour être crédible, doit parler d’une seule voix.
Dialogue inclusif et solutions africaines : le cap maintenu
Réaffirmant la mission confiée par l’Union africaine, le Médiateur a martelé sa détermination. « Nous poursuivrons cette mission avec humilité, détermination et persévérance. Les obstacles sont réels, mais la volonté de paix est plus forte. De nombreuses bonnes volontés, au sein des États et des communautés, nous accompagnent dans cette quête », a-t-il affirmé.
Face à ce cap, les participants ont salué le leadership du Président du Conseil. Ils ont mis en avant trois piliers : le dialogue inclusif comme méthode, la coordination diplomatique comme boussole, et la primauté des solutions africaines comme boussole politique. Ils ont réitéré leur engagement à accompagner les orientations de Lomé, en particulier le renforcement de la confiance entre parties, l’harmonisation des processus et la capitalisation des acquis sur le terrain.
Feuille de route pour le second semestre 2026
Les travaux ont débouché sur des orientations stratégiques claires :
1. *Renforcer la coordination interne* entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’UA et le Secrétariat conjoint indépendant. L’objectif est d’éviter les chevauchements et d’accélérer la prise de décision.
2. *Structurer une contribution africaine solide* aux processus complémentaires de Washington et de Doha. Il s’agit de faire en sorte que toute initiative externe s’arrime à l’architecture définie à Lomé, pour garantir l’appropriation et la légitimité.
3. *Resserrer la coopération entre États et organisations*, dans le respect strict des mandats et responsabilités fixés par l’architecture de médiation adoptée le 17 janvier 2026.
Des décisions opérationnelles immédiates
Pour traduire ces orientations en actes, la réunion a adopté des mesures concrètes. Ajustement des plans de travail du Panel des facilitateurs pour couvrir le second semestre 2026. Élaboration, dans un délai de quinze jours, d’un plan d’action opérationnel détaillé, précisant les modalités, échéances et responsabilités.
Les participants ont conclu sur un engagement ferme : mettre en œuvre avec rigueur et diligence les décisions prises, honorer les engagements souscrits, et agir de concert pour faire advenir une paix durable dans l’Est de la RDC et dans l’ensemble des Grands Lacs.
Six mois après la réunion de cadrage du 17 janvier, Lomé démontre que la médiation africaine n’est pas un vœu pieux. Elle se structure, s’ajuste et s’impose. Dans un contexte régional complexe, le Togo, par la voix de son Président du Conseil, rappelle que la paix dans les Grands Lacs se construira d’abord par les Africains, pour les Africains.

