Le Trésor public togolais s’apprête à franchir une étape majeure dans la modernisation de ses circuits financiers. En partenariat avec le Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA, GIM-UEMOA, il envisage d’émettre des cartes prépayées à usage régional et de déployer un réseau de terminaux de paiement électronique au sein des administrations.
Cette initiative s’inscrit dans le sillage d’une décision de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. La BCEAO a en effet ouvert aux Trésors publics de l’Union la possibilité de proposer des services de paiement adossés à la monnaie électronique, dans un cadre de réseau fermé.
Au Togo, ce nouveau dispositif ciblera en priorité les bénéficiaires des transferts de l’État. Il s’agit notamment des fonctionnaires, des étudiants boursiers et des retraités, mais également des structures et des contribuables assujettis aux obligations fiscales. L’ambition est de dématérialiser l’essentiel des flux financiers entre l’État et ses usagers
Le Togo ne part pas de zéro. Deux pays de l’espace UEMOA ont déjà essuyé les plâtres. La Côte d’Ivoire a lancé dès 2022 son propre projet de monnaie électronique publique. Le Bénin a emboîté le pas en 2024 et a même marqué un tournant l’année dernière en mettant en circulation la première carte prépayée interopérable émise par un Trésor public dans l’Union. Cette carte, développée en collaboration avec le GIM-UEMOA, sert aujourd’hui de référence technique.
Le projet togolais poursuit un double objectif.
Sur le volet des dépenses, il s’agit d’accélérer la dématérialisation des décaissements publics. Les salaires, les bourses d’études et les pensions de retraite pourraient ainsi être versés directement sur une carte prépayée nominative, mettant fin à la manipulation d’espèces et aux longs circuits de paiement. Grâce à leur adossement au réseau GIM-UEMOA, ces cartes offriront une véritable portée régionale. Leurs détenteurs pourront effectuer des retraits dans les guichets automatiques, régler leurs achats auprès des commerçants équipés de TPE dans les huit pays de l’Union, et réaliser des achats en ligne.
Sur le volet des recettes, le Trésor veut inverser la logique. En équipant ses régies financières et ses administrations de terminaux de paiement électronique, l’État pourra désormais encaisser directement par carte les impôts, les taxes et les redevances. Ce mécanisme vise à réduire la part du numéraire dans les transactions publiques, à renforcer la traçabilité des opérations et à sécuriser les recettes.
Aucune date de mise en service n’a encore été annoncée par les autorités togolaises. Le projet demeure en phase de préparation technique et réglementaire.

