Le système éducatif togolais entre dans une nouvelle ère. Le ministère de l’Éducation nationale a lancé jeudi 23 juillet à Lomé le processus de révision du Plan sectoriel de l’Éducation. Pensé comme la boussole des politiques publiques du secteur, ce document stratégique doit être réajusté pour coller aux ambitions nationales de développement et aux mutations qui redessinent l’école dans le monde.
La démarche vise à doter le pays d’une nouvelle feuille de route décennale, plus réaliste et plus résiliente. Il s’agira d’abord de dresser un bilan lucide des acquis engrangés au cours des années précédentes, avant d’identifier les poches de vulnérabilité qui freinent encore les progrès. Les réflexions devront aussi intégrer les grands bouleversements de notre temps. La croissance démographique qui accroît la demande scolaire, l’irruption du numérique qui transforme les métiers et les savoirs, les effets du dérèglement climatique qui fragilisent les apprentissages, ou encore les attentes du marché de l’emploi qui réclament des profils mieux formés. Une attention particulière sera portée aux disparités qui subsistent entre les régions et entre les filles et les garçons, afin d’orienter les investissements là où les besoins sont les plus urgents.
Pour ancrer cette planification dans la réalité, le futur Plan sectoriel s’appuiera sur des données fiables et sur un modèle de projection financière actualisé. L’objectif est d’assurer une meilleure lisibilité des ressources, de sécuriser le financement des réformes et de garantir leur pérennité. Ce nouveau cadre sera en parfaite cohérence avec les orientations de la Feuille de Route Gouvernementale et avec les engagements internationaux du Togo, à commencer par l’Objectif de Développement Durable numéro 4.
« Nous voulons un PSE qui traduise concrètement notre ambition : faire de l’école togolaise le principal levier de transformation humaine et sociale », a affirmé le ministre de l’Éducation nationale, Prof. Mama Omorou.
Le ministre a rappelé que les précédents plans ont permis des avancées notables. L’accès à l’école s’est élargi, le maintien des élèves s’est amélioré, la scolarisation des filles a progressé, des milliers d’enseignants ont été recrutés et les résultats aux examens nationaux sont en hausse. Les statistiques de 2024 confirment cette dynamique avec un taux net de préscolarisation des 4 à 5 ans qui atteint 45,2 %, un taux brut de scolarisation à 116,68 % contre un objectif de 120 %, et un taux d’achèvement du primaire estimé à 94,64 %. Des efforts restent néanmoins à fournir, en particulier au premier cycle du secondaire où la scolarisation des filles demeure en deçà des cibles.
Saluant cette initiative, Erinna Corinne Dia, Représentante résidente de l’UNICEF au Togo, a estimé que cette révision offre l’occasion de bâtir un système éducatif davantage inclusif, résilient et performant, capable de répondre aux aspirations des enfants et des jeunes.
Au terme des consultations, le nouveau Plan sectoriel de l’Éducation devra tracer les grandes orientations et définir les priorités qui guideront le développement du secteur éducatif togolais pour la décennie à venir.

