C’est le document qui dit tout. Au terme de la visite officielle de Faure Essozimna Gnassingbé en Chine du 9 au 16 octobre, à l’invitation de Li Qiang, le communiqué conjoint sino-togolais ne parle pas seulement d’amitié. Il acte le passage à une Communauté d’avenir partagé Chine-Togo à l’ère nouvelle. Et le pilier le plus tangible de ce pacte est économique.
L’aspect le plus pertinent est là, au point 10 et 11 du communiqué : le tarif douanier zéro.
Le Togo salue officiellement la décision de Pékin d’appliquer un tarif douanier zéro à l’ensemble des pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Mais le communiqué va beaucoup plus loin qu’un simple satisfecit. Les deux pays détaillent comment transformer cette mesure en levier d’industrialisation pour le Togo.
Concrètement, trois engagements majeurs sont pris :
1. Ouvrir le marché chinois au made in Togo. Pékin s’engage à aider Lomé à accroître ses exportations via les corridors verts 2.0 pour les produits agricoles. Premier symbole : la signature du protocole sur les exigences de quarantaine végétale pour l’accès du soja togolais au marché chinois. Un débouché potentiel immense pour l’agriculture togolaise.
2. Faire de Lomé le hub logistique de l’Afrique de l’Ouest. La Chine s’engage à perfectionner l’architecture de la coopération portuaire et aéroportuaire et à explorer une coopération approfondie sur les infrastructures portuaires et la logistique. L’objectif est explicite : accompagner le Togo à faire de Lomé une porte d’entrée et un hub commercial de l’Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur la ZLECAF.
3. Passer de la douane à l’usine. Pékin ne veut pas seulement importer, il veut produire sur place. Le communiqué insiste : les investissements chinois encouragés doivent contribuer à la transformation locale, au développement des chaînes de valeur, au transfert de technologies et à la création d’emplois. L’Accord-cadre de partenariat économique pour le développement partagé signé pendant la visite doit en être la garantie institutionnelle.
Autour de ce noyau économique, le reste du communiqué dessine la toile de fond politique : soutien mutuel sur les intérêts vitaux, le Togo réaffirmant son attachement au principe d’une seule Chine et Pékin soutenant la Vème République, la Feuille de route 2026-2031 et la vision Protéger-Rassembler-Transformer.
Mais aussi des ouvertures stratégiques : adhésion du Togo à l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’IA avec l’ambition affichée par la Chine de faire du Togo un pays africain de premier plan dans l’adoption de l’IA pour les services publics, la santé et l’éducation.
En recevant Xi Jinping, Li Qiang et Zhao Leji, Faure Gnassingbé a donc obtenu plus qu’une reconnaissance diplomatique. Il repart avec l’architecture d’un modèle : utiliser l’ouverture totale du marché chinois non pour exporter des matières premières, mais pour financer l’industrialisation et faire de la position géographique du Togo son principal actif économique.
Launetogo

