Le risque ne laisse plus de marge. Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires, colonel Hodabalo Awaté, vient d’activer une instruction ferme : libérer sans délai toutes les emprises des lignes électriques haute tension occupées de manière anarchique. Une note officielle vient d’être adressée à l’ensemble des maires du pays, suite à une alerte du ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières.
L’alerte est claire. L’occupation des emprises par des habitations, commerces et activités diverses s’est banalisée sur certains axes. Or ces corridors électriques obéissent à des règles de sécurité non négociables.
Le colonel Awaté le rappelle avec précision dans sa correspondance : une emprise de 40 mètres de part et d’autre des lignes haute tension est délimitée et classée zone non constructible. Aucune activité humaine ne peut s’y tenir, compte tenu de la dangerosité des câbles et du risque d’électrocution, d’incendie ou de chute de pylône. « La sécurité humaine ne souffre d’aucun compromis », insiste la note.
Le ministre demande donc aux autorités communales de prendre toutes les dispositions nécessaires pour une libération complète et rapide de ces espaces. Cela passe par l’identification des zones concernées, la sensibilisation des populations, puis les mesures coercitives si l’évacuation volontaire n’intervient pas dans les meilleurs délais.
Derrière cette instruction, l’objectif est de couper court aux drames récurrents liés aux installations sous ou à proximité des lignes. Électrocutions, feux de brousse, dommages sur les infrastructures : le bilan humain et matériel est jugé « inquiétant » par les services de l’énergie.
Le gouvernement veut ainsi remettre l’intérêt général au centre. Les maires, premiers garants de l’ordre public local, sont placés en première ligne de cette opération. Ils devront concilier fermeté sur la sécurité et accompagnement des populations impactées, afin d’éviter des situations sociales tendues.
Le message du ministre est sans ambiguïté : les emprises ne sont pas des réserves foncières. Ce sont des couloirs de sécurité vitale. Leur libération n’est pas une option, c’est une obligation réglementaire et une question de survie publique.

