Dès l’aube, toutes les préfectures des Savanes ont planté d’une même voix. Au total, 71 000 plants ont été mis en terre ce 1er juin pour le lancement de la campagne nationale de reboisement. Un chiffre revu à la baisse par rapport aux 100 000 prévus : l’absence de pluies a imposé la prudence, mais n’a pas entamé la mobilisation.
Le coup d’envoi a été donné à Dapaong, sur le site de Sobototi, par le gouverneur Atcha-Dedji Affoh, aux côtés du préfet de Tône Ouro-Gouré Horoumila. 400 plants d’eucalyptus et de néré _Parkia biglobosa_ ont inauguré la journée. De Cinkassé à Tandjouaré, de Kpendjal à Oti-Sud, autorités administratives, militaires, religieuses, traditionnelles, société civile et populations ont pris la pelle. Le geste s’est répété dans les mairies en chantier, les écoles, les centres de jeunes et les abords des routes.
À Cinkassé, 3 330 plants mêlant _Senna siamea_, eucalyptus, _Afzelia africana_ et neem ont été installés. À Mango, dans l’Oti, 1 250 plants de neem, _Senna siamea_ et caïlcédrat _Khaya senegalensis_ ont garni la Maison des jeunes et le camp du 25e BBP. Dans le Kpendjal, 2 325 plants de caïlcédrat, _Senna siamea_, faux karité _Blighia sapida_ et agrumes ont été mis en terre à l’EPP Centrale de Borgou.
Le choix des essences répond à une logique de résilience : espèces fixatrices d’azote, résistantes à l’harmattan et utiles aux communautés, du bois d’œuvre au fourrage, des fruits à la pharmacopée.
Le gouverneur a insisté sur le cap des cinq prochaines années : atteindre le milliard d’arbres d’ici 2030 n’a de sens que si le taux de survie suit. D’où la consigne aux préfets, maires et Comités de développement à la base : assurer l’arrosage, la protection contre le bétail et le suivi post-plantation. Les plants sont disponibles aux directions régionales et préfectorales de l’Environnement.
À Sobototi comme à Mandouri, à Gando comme à Timbou, le message est resté le même : planter vite, entretenir longtemps. Les Savanes ont lancé la dynamique. Il reste à la faire tenir, saison après saison.

