Dans l’enceinte de l’hémicycle, geste sobre mais lourd de sens. Le Président de l’Assemblée nationale, Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, a mis en terre ce lundi matin un filao _Casuarina equisetifolia_, inaugurant ainsi la participation de l’institution parlementaire à la 49e édition de la Journée nationale de l’arbre.
Au-delà du symbole, cet acte réaffirme la position de la représentation nationale : l’environnement n’est pas un dossier annexe. C’est une question de souveraineté, de sécurité alimentaire et de résilience face au dérèglement climatique.
Rappeler 1977 pour éclairer 2026
Prenant la parole, le Président Klassou a replongé l’assistance dans la genèse de cette journée, instituée en 1977 par le Père de la Nation, Feu le Général Gnassingbé Eyadéma. Déjà à cette époque, la désertification menaçait les récoltes, asséchait les cours d’eau, appauvrissait les sols.
« Il vous souvient qu’en 1977, le père de la nation avait vu tôt, en invitant les Togolais à mettre en terre un plant chaque 1er juin. Parce que l’humanité était déjà menacée par la désertification et tout ce que nous voyons aujourd’hui comme effets néfastes du changement climatique », a-t-il rappelé.
49 ans plus tard, la prémonition s’est confirmée. Climats déréglés, érosion des terres arables, appauvrissement de la biodiversité : les alertes sont devenues réalités. Pour le Président de l’Assemblée nationale, elles trouvent leur origine dans une exploitation des ressources naturelles trop souvent déconnectée de ses conséquences.
« Les climats perturbés, la pauvreté de la biodiversité et la perte des terres arables sont des réalités auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui. Tout cela s’explique par le fait que l’homme, dans l’exploitation des ressources naturelles, ne se soucie pas toujours des conséquences néfastes éventuelles », a-t-il souligné.
Saluer la continuité, appeler à l’appropriation
Le Président Klassou a salué la constance de l’État togolais sur ce combat. Il a rendu hommage au Président du Conseil qui, selon lui, a consolidé cette vision et créé les conditions pour que planter devienne un réflexe citoyen, au-delà du 1er juin.
« C’est l’occasion aussi de rendre hommage au Président du Conseil qui a perpétué cette vision et créé davantage les conditions pour que les Togolais comprennent et, sans aucune pression, que chacun cherche à mettre en terre des plants. Pas seulement le premier juin. La politique environnementale initiée par le Président du Conseil ces derniers temps fait qu’aujourd’hui notre pays est en train de se reverdir davantage. »
S’adressant aux députés et au personnel administratif, il a lancé une invitation directe : « C’est l’occasion d’inviter tous les députés et le personnel administratif à mettre en terre chacun un plant. C’est avec beaucoup de joie que nous venons de poser cet acte et nous invitons tous les Togolais et les Togolaises à en faire autant. Aujourd’hui, c’est le jour de poser des actes concrets, c’est-à-dire mettre en terre des plants ».
Le Parlement se met en terre
L’élan n’est pas resté individuel. Les membres du Bureau de l’Assemblée nationale et de la Conférence des présidents ont, à leur tour, planté des anacardiers _Anacardium occidentale_, arbre à double valeur : protection des sols et revenu pour les communautés.
Le personnel administratif s’est associé à la démarche en plantant des amandiers _Terminalia catappa_, essences prisées pour leur ombrage et leur adaptation aux zones urbaines.
Planter pour tenir l’ambition Togo Vert 2030
Cette opération s’inscrit dans la trajectoire fixée par l’État : reverdir le Togo et atteindre un milliard d’arbres plantés d’ici 2030. Un objectif qui transforme chaque plant en maillon d’une stratégie nationale.
Pour le Parlement, l’enjeu est aussi législatif. Protéger les forêts, encadrer l’exploitation du bois, promouvoir l’agroforesterie, accompagner les alternatives au charbon de bois : autant de chantiers où la loi doit traduire l’engagement pris aujourd’hui avec une pelle et un plant de filao.
Le message est simple et direct : si la forêt de 1977 a inspiré la loi de 2026, la loi de 2026 doit garantir la forêt de 2040. _Planter aujourd’hui, légiférer pour demain. Le Parlement prend part._

