Le Centre Hospitalier Régional du Grand Lomé a abrité ce lundi la cérémonie officielle de lancement du « Projet de Renforcement du Système de Santé Oculaire pour le Développement Durable au Togo », PRSSODDT. Financé par la Banque Islamique de Développement à hauteur de 3 millions de dollars, le programme s’étendra sur quatre ans et couvrira les six régions sanitaires du pays.
Un projet structurant pour rapprocher les soins des populations
Le PRSSODDT vise à combler les écarts d’accès aux soins oculaires en agissant à la fois sur la formation des personnels, l’équipement des structures et la sensibilisation du public. Concrètement, il prévoit la formation de médecins ophtalmologistes en sous-spécialités, de techniciens supérieurs en ophtalmologie et d’optométristes. L’objectif est de disposer d’une chaîne de compétences capable de prendre en charge les pathologies courantes comme les affections complexes.
Le projet prévoit également le renforcement des plateaux techniques des centres de santé oculaire déjà existants. Des équipements de diagnostic et de traitement seront déployés pour améliorer la qualité et la rapidité de la prise en charge. En parallèle, une campagne de sensibilisation de grande envergure sera conduite afin d’inciter les populations à consulter plus tôt et à fréquenter les structures spécialisées.
Un centre de référence pour le Togo et la sous-région
L’innovation majeure du PRSSODDT réside dans la création d’un établissement de référence dédié à la prise en charge du glaucome et de la rétinopathie diabétique. Pensé comme un pôle d’excellence, ce centre a vocation à devenir un recours pour le Togo mais aussi pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Pour le directeur des Opérations de la BID, Dr Larbi Neffati, cette ambition répond à une réalité sanitaire pressante. « Les maladies oculaires chroniques connaissent une progression marquée sur le continent. Le développement de compétences spécialisées et la disponibilité de centres de référence modernes sont indispensables pour y répondre efficacement », a-t-il déclaré lors du lancement.
Dr Neffati a rappelé que ce projet s’appuie sur les résultats obtenus lors des précédentes initiatives soutenues par la BID au Togo. Il a insisté sur la dimension stratégique du programme, qui dépasse le cadre des interventions classiques pour proposer un modèle durable d’offre de soins oculaires.
Alignement avec les priorités nationales
Le coordonnateur du Programme National de Santé Oculaire, Dr Yao Sepopo Prempeh, a souligné que le PRSSODDT s’inscrit en cohérence avec le Plan National de Développement Sanitaire, la feuille de route gouvernementale et le Plan national de développement de la santé oculaire 2025-2027.
« La santé visuelle est aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, mais aussi un impératif social, économique et humain. Préserver la vue, c’est préserver l’autonomie des personnes, la dignité humaine, les capacités d’apprentissage des enfants et la productivité des populations actives », a-t-il affirmé.
Selon lui, le projet permettra d’améliorer durablement l’accessibilité des soins, de renforcer les capacités humaines, de moderniser les équipements et de rapprocher les services spécialisés des populations les plus vulnérables. L’enjeu est de réduire le taux de cécité évitable et de faire de la santé oculaire un levier de développement inclusif.
Une réponse aux besoins du terrain
En ciblant les six régions sanitaires, le PRSSODDT adopte une approche de proximité qui vise à désengorger les structures de Lomé et à garantir une couverture plus équitable. La formation des personnels locaux et l’équipement des centres régionaux devraient permettre une prise en charge plus rapide, limitant les déplacements coûteux pour les patients.
Avec ce programme, le Togo consolide sa stratégie de renforcement du système de santé et confirme la place accordée à la santé oculaire dans l’agenda national. Le partenariat avec la BID illustre également la volonté de mobiliser des financements structurants pour transformer durablement l’offre de soins.

