La Haute Autorité de la Qualité et de l’Environnement (HAUQE) a réuni ce mardi à Lomé les professionnels des médias autour d’une conférence de presse consacrée à l’Infrastructure Nationale de la Qualité (INQ) et au déploiement de nouveaux référentiels de certification.
Organisée en collaboration avec l’Agence Togolaise pour la Promotion de la Qualité (ATOPROQ) et avec l’appui technique et financier de l’*Alliance pour la qualité des produits en Afrique (AfPQ)* de la GIZ, cette rencontre poursuit un objectif précis : faire de la presse un relais stratégique pour promouvoir la culture de la qualité auprès des entreprises, des pouvoirs publics et des consommateurs togolais.
L’Infrastructure Nationale de la Qualité, colonne vertébrale de la conformité
L’INQ désigne l’ensemble des institutions, des règles, des normes et des services chargés de vérifier la conformité, la sécurité et la fiabilité des biens et services mis sur le marché national.
Au Togo, cette architecture repose sur un maillage institutionnel cohérent. L’Agence Togolaise de Normalisation (ATN) a pour mission d’élaborer et de diffuser les normes nationales qui servent de références communes aux opérateurs économiques. L’Agence Togolaise de Métrologie (ATOMET) veille quant à elle à l’exactitude des instruments de mesure. L’ATOPROQ assure pour sa part la sensibilisation et l’accompagnement des acteurs économiques. La HAUQE exerce les fonctions de point focal national d’accréditation auprès du Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC). Enfin, le Comité Togolais d’Agrément (COTAG)* intervient sur les volets de l’inspection, de l’agrément et de la certification.
« Sans normes, on ne peut rien faire »
Présidant la rencontre, M. Laré Arzouma Botre, Président de la HAUQE, a indiqué que l’initiative visait à « sensibiliser sur les concepts de la qualité et surtout sur l’infrastructure nationale de la qualité », tout en partageant avec les médias les actions menées par l’institution.
Il a rappelé que cette infrastructure regroupe l’ensemble des structures qui animent les activités de normalisation, de métrologie, d’évaluation de la conformité, de promotion de la qualité et d’accréditation. Évoquant le rôle des agences techniques, il a souligné que l’ATN met les normes à la disposition des opérateurs, que l’ATOMET garantit la fiabilité des mesures et que l’ATOPROQ vulgarise ces exigences auprès des populations.
« La norme constitue la pièce maîtresse du système. Sans normes, on ne peut rien faire, car ce sont elles qui permettent à toute structure de mener ses activités aux niveaux national et international », a-t-il déclaré.
La certification, condition d’accès aux marchés
La certification s’impose désormais comme une exigence incontournable pour l’accès aux marchés locaux, régionaux et internationaux. Pour accompagner les opérateurs dans ces démarches, des outils pratiques ont été élaborés avec le soutien de la GIZ. Il s’agit de guides portant sur la traçabilité, le commerce équitable et les normes ISO, ainsi que de programmes sectoriels dédiés aux jus de fruits, au baobab, à l’eau en sachet, aux boissons traditionnelles et à l’hôtellerie.
Dr Koffivi Lakoussan, Directeur Général du COTAG, a apporté des précisions techniques. Outre les agréments délivrés par les comités sectoriels pour conférer une base légale aux opérateurs, son organisme assure également la certification et les inspections. « L’agrément permet aux entreprises d’être en règle avec le dispositif juridique du pays et de ne pas être considéré comme un opérateur fictif », a-t-il précisé.
Abordant l’enjeu de l’exportation, il a affirmé que « la certification des produits constitue en quelque sorte un passeport pour accéder facilement au marché. Elle représente même un visa pour les pays qui exigent des conditions d’entrée sur leur territoire ». Pour le responsable, cette démarche « garantit au consommateur que le produit pour lequel il a dépensé de l’argent est un produit sain ».
Un nouveau cadre de contrôle des produits
Le Directeur Général du COTAG a également annoncé l’adoption récente d’un décret gouvernemental instituant un mécanisme de contrôle de la conformité aux normes des produits locaux et importés. Qualifié de « très capital » pour les activités de contrôle, ce texte vise à prévenir l’entrée de marchandises non conformes sur le territoire national. Les arrêtés d’application sont en cours de finalisation. Le dispositif s’appliquera en priorité à l’agroalimentaire, au matériel électrotechnique et aux matériaux de construction, avec une exemption temporaire accordée à certains secteurs, notamment les produits médicaux.
Vers une économie plus rigoureuse
À travers cette campagne de vulgarisation, la HAUQE et ses partenaires entendent transformer les exigences techniques en réflexes quotidiens. En renforçant la compétitivité des entreprises locales et en assurant une meilleure protection des consommateurs, le Togo ambitionne de consolider les fondements d’une économie plus rigoureuse, plus crédible et plus résiliente.
Aimé A.

