Le Togo a brillé lors de l’Assemblée générale de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS), qui réunit chaque année les 354 organismes membres de la protection sociale mondiale. Cet événement, plateforme d’échanges stratégiques et de plaidoyer pour une sécurité sociale inclusive, a permis au pays de partager son expertise et ses ambitions en matière de couverture santé universelle.
L’Afrique au cœur des débats : le plaidoyer de Justin Tchilabalo PILANTE
Invité en qualité d’expert, M. Justin Tchilabalo PILANTE, Directeur général de l’Institut national d’assurance maladie (INAM), a captivé l’audience avec un discours percutant. Dès les premières minutes, il a situé l’enjeu : « L’universalisation de la couverture sociale est l’un des plus grands défis pour l’Afrique. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le nombre de bénéficiaires, mais de repenser nos systèmes pour qu’ils soient résilients, équitables et adaptés à nos réalités socio-économiques. »
Son intervention, structurée autour des défis spécifiques au continent, a mis en lumière les paradoxes africains : une population jeune et dynamique, mais confrontée à des inégalités criantes, et des économies en croissance qui peinent à financer des mécanismes de protection pérennes.
Le modèle togolais : entre innovation et inclusion
M. PILANTE a détaillé les avancées du Togo, notamment le déploiement de « l’Assurance maladie pour tous » (AMU), un programme pionnier qui cible les travailleurs du secteur informel et les populations vulnérables. Grâce à des partenariats public-privé et à l’utilisation de technologies digitales pour simplifier l’adhésion, près de 2 millions de Togolais ont déjà été enrôlés.
« Notre approche repose sur la flexibilité et l’écoute des besoins locaux. Par exemple, les cotisations sont modulables selon les revenus, et les services de santé proposés incluent la prévention, souvent négligée dans les systèmes classiques », a-t-il expliqué, soulignant l’importance d’une gouvernance transparente pour gagner la confiance des citoyens.
Un plaidoyer pour une solidarité internationale renforcée
Au-delà des solutions togolaises, le dirigeant a appelé à une coopération internationale plus proactive. « L’Afrique ne peut porter seule ce fardeau. Les institutions financières mondiales et les pays développés doivent revoir leurs mécanismes d’aide, en priorisant les investissements dans la santé et la protection sociale plutôt que dans le remboursement de dettes. »
Son discours a suscité des éloges unanimes, plusieurs délégations saluant la « clarté visionnaire » et la « pertinence des propositions » avancées. Pour de nombreux observateurs, cette prise de parole consolide la position du Togo comme laboratoire d’innovations sociales en Afrique de l’Ouest.
Vers un nouveau chapitre pour la protection sociale en Afrique ?
L’intervention de M. PILANTE relance le débat sur l’urgence d’accélérer les réformes en matière de sécurité sociale. Alors que moins de 20 % des Africains bénéficient d’une couverture santé complète, le modèle togolais pourrait inspirer d’autres nations, à condition qu’il soit soutenu par des politiques publiques ambitieuses et des financements durables.
En quittant la tribune, le Directeur de l’INAM a lancé un appel mobilisateur : « La couverture universelle n’est pas un idéal lointain. C’est un impératif moral et économique. Chaque jour sans progrès coûte des vies et appauvrit nos nations. Agissons maintenant, avec audace et solidarité. »
Une conclusion qui résonne comme un défi, pour le Togo comme pour le reste du monde.

