Au Togo, former plus d’ingénieurs n’est plus une option. C’est le levier choisi pour arrimer l’économie aux ambitions industrielles et technologiques du pays. L’exécutif reconfigure la formation scientifique et technique autour de réformes, d’investissements ciblés et d’une meilleure adéquation aux besoins du marché.
L’idée est directe : pas d’industrialisation durable sans ressources humaines qualifiées. En renforçant les filières techniques, le pays vise trois effets. Accélérer l’industrialisation autour de pôles comme la Plateforme d’Adétikopé. Réduire la dépendance aux expertises étrangères. Et améliorer l’employabilité des jeunes, avec des taux d’insertion qui dépassent déjà 70 % dans plusieurs filières techniques.
Lancé en avril 2026 à l’université de Lomé, le programme *Stella* illustre cette stratégie. Doté de 13 milliards FCFA, il doit former plus de 2 000 ingénieurs d’ici 2030. Un campus de 5 hectares verra le jour, avec des équipements adaptés aux métiers de l’énergie, du BTP, du numérique et de l’agro-industrie. L’accent est mis sur la professionnalisation des cursus et le rapprochement avec les entreprises.
Depuis plusieurs années, le Togo structure l’offre technique : plus de 32 000 jeunes formés en génie civil, électrotechnique, mécanique, agro-industrie. Le CFMI calibre ses programmes sur les besoins des industriels d’Adétikopé. L’université de Lomé développe le *Fact Center*, avec 32 laboratoires prévus à Lomé et Kara. L’ENSI forme, elle, des profils en génie civil, électrotechnique, informatique et télécoms, en alternant théorie, pratique et immersion en entreprise.
La féminisation est aussi un chantier. Le Programme d’excellence académique a soutenu 794 élèves. 145 bourses ciblent spécifiquement des filles dans le technique et l’industriel.
Avec plus d’un quart du budget national alloué à l’éducation et 14 milliards FCFA prévus en 2026 pour le technique et la formation professionnelle, le Togo fait de l’ingénieur un acteur central de sa transformation.

