Le Togo a officiellement lancé vendredi à Lomé les activités commémoratives de l’Année internationale des agricultrices, proclamée par les Nations Unies pour 2026. Une année entière pour transformer le regard, les politiques et les moyens alloués à celles qui font vivre les champs du pays.
La cérémonie, présidée par Kolani Dindiogue, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, s’est tenue en présence de Dr Oyétoundé Djiwa, chargé de Bureau de la FAO au Togo et représentant la Coordinatrice du Système des Nations Unies. Aux côtés des institutions figuraient la Cellule d’appui à l’autonomisation des femmes rurales, les agences onusiennes, les organisations professionnelles agricoles et des délégations de femmes agricultrices venues de toutes les régions.
Reconnaître pour transformer
Placée sous le thème « Des femmes autonomes, transformant les systèmes agroalimentaires », l’Année 2026 veut corriger une contradiction persistante. Partout, et au Togo en particulier, les femmes constituent près de la moitié de la main-d’œuvre agricole. Pourtant, l’accès à la terre, au crédit, aux intrants, aux technologies et au conseil agricole demeure plus difficile pour elles.
« Les systèmes agroalimentaires doivent produire mieux, nourrir mieux et résister aux chocs climatiques, économiques et sociaux. Dans cette transformation, les femmes ne sont pas des bénéficiaires passives. Elles en sont les architectes », a rappelé Dr Oyétoundé Djiwa. Pour la FAO, l’Assemblée générale de l’ONU en faisant de 2026 une année dédiée rappelle une évidence longtemps minorée : sans autonomisation des agricultrices, il n’y a pas de sécurité alimentaire durable.
L’État togolais mise sur l’égalité et l’autonomie économique
Procédant au lancement, Kolani Dindiogue a inscrit l’initiative dans la stratégie nationale. Le gouvernement, sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna GNASSINGBE, a engagé des réformes législatives, des dispositifs institutionnels et des programmes structurants pour améliorer les conditions de vie des femmes, singulièrement en milieu rural.
Le contexte international impose toutefois d’aller plus loin. « La conjugaison des crises multidimensionnelles exige de redoubler d’efforts. Les femmes et les jeunes ruraux disposent du potentiel pour devenir les moteurs du développement économique et de la transformation des zones rurales. L’Année internationale doit être un cadre de mobilisation collective et de partenariats renforcés pour accélérer les progrès », a souligné le directeur de cabinet.
Les activités togolaises se déploieront jusqu’à la veille de la Journée mondiale de l’alimentation en octobre. Le programme articule des foras régionaux, des modules de renforcement de capacités en éducation financière et nutritionnelle, ainsi que des campagnes de sensibilisation de proximité dans les terroirs agricoles.
L’ambition est claire, faire de 2026 un point de bascule. Il ne s’agit plus seulement de célébrer, mais de lever les freins structurels, d’élargir l’accès aux ressources productives et de reconnaître pleinement le rôle économique des agricultrices dans la résilience et la souveraineté alimentaire du Togo.

