Verrouiller Fazao-Malfakassa, sécuriser Abdoulaye, surveiller Togodo. Le Togo franchit un nouveau cap dans la préservation de ses écosystèmes. Le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Dodzi Kokoroko, a officiellement réceptionné ce mercredi un lot de matériels roulants : pick-up et motos, destinés aux équipes de gestion des aires protégées.
Cette dotation matérialise une coopération active entre le Togo et la Team Europe, portée par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg. Objectif : donner aux agents de terrain les moyens de leur mission. Car protéger la biodiversité commence par la mobilité, la réactivité et la capacité d’intervention rapide face au braconnage, aux feux de brousse et aux exploitations illégales.
PALCC+/INCLURE : Des roues pour la surveillance
Les véhicules et motos s’inscrivent dans le Programme d’appui à la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité et l’agroécologie, PALCC+/INCLURE. Un programme structurant qui accompagne l’État togolais dans la gestion durable de ses espaces naturels les plus sensibles.
Concrètement, ces équipements renforcent trois leviers :
1. *La surveillance* : patrouilles plus fréquentes, couverture de zones enclavées, temps d’intervention réduit.
2. *La protection* : présence accrue des éco-gardes, dissuasion des pressions anthropiques sur la faune et la flore.
3. *La gestion* : suivi scientifique plus régulier des habitats et des espèces dans Fazao-Malfakassa, Abdoulaye et Togodo.
« Notre soutien vise un impact triple : protéger une biodiversité unique, lutter contre le dérèglement climatique et générer des emplois verts durables pour la jeunesse et les communautés », a déclaré l’ambassadeur de l’Union européenne, Gwilym Jones, lors de la remise.
Au-delà des parcs : une logique d’écosystème
PALCC+/INCLURE ne s’arrête pas aux limites des aires protégées. Le projet intègre une vision plus large : restaurer les écosystèmes dégradés en périphérie, promouvoir l’agroécologie pour réduire la pression sur les forêts, et développer des activités économiques durables.
Apiculture, transformation de produits forestiers non ligneux, écotourisme communautaire : autant de filières créatrices d’emplois verts. L’idée est simple : si les populations riveraines tirent un revenu durable de la forêt debout, elles deviennent les premières gardiennes de la biodiversité.
Une stratégie qui s’inscrit dans la durée
Cette remise d’équipements s’ajoute à une série d’initiatives engagées ces dernières années par le Togo. Le pays a intensifié ses campagnes nationales de reboisement, renforcé la gouvernance des aires protégées, accéléré la restauration des terres dégradées et encouragé des pratiques agricoles respectueuses des sols et de l’eau.
Avec ces pick-up et motos, le Togo ne se contente pas de protéger : il s’équipe pour agir, surveiller et transformer. Dans Fazao, Abdoulaye ou Togodo, chaque kilomètre parcouru par un éco-garde est un kilomètre gagné pour la forêt, le climat et les générations futures.

