Une conférence de presse s’est tenue vendredi à Lomé, à l’initiative de la Commission nationale des frontières maritimes du Togo, pour éclairer l’opinion sur le différend opposant le Togo au Ghana concernant la délimitation de leur frontière en mer. Cette rencontre intervient après la décision des autorités ghanéennes de soumettre le dossier à une instance arbitrale internationale pour obtenir un règlement définitif.
Devant les journalistes, le chef de la délégation togolaise aux négociations, Dammipi Noupokou, accompagné du ministre de l’Administration territoriale, le colonel Hodabalo Awaté, a retracé les étapes des discussions engagées entre les deux États. Les échanges officiels avaient débuté en juin 2018, à la suite d’incidents survenus en mer entre 2016 et 2018, les deux pays privilégiant alors le dialogue direct conformément aux instruments juridiques internationaux encadrant le droit de la mer.
Au total, onze séances de travail ont été organisées jusqu’en décembre 2020, alternativement à Lomé et à Accra. Ces réunions techniques ont permis de s’accorder sur plusieurs éléments essentiels, notamment le point initial de la frontière, la ligne de base applicable ainsi qu’un document cartographique commun.
Cependant, des désaccords sont apparus lors de la mise en œuvre concrète des principes de délimitation. La partie togolaise estime que l’ajustement de la ligne calculée limiterait son accès aux eaux internationales. Un autre point de divergence concerne la qualification juridique d’une zone de rade utilisée par des navires en attente d’accostage, chaque pays défendant une interprétation distincte de son statut.
Alors que les discussions devaient reprendre, notamment après des changements au sein de l’équipe ghanéenne, Lomé a été informé du choix d’Accra de saisir une juridiction arbitrale. Les autorités togolaises disent prendre acte de cette démarche, qu’elles jugent conforme aux mécanismes de règlement pacifique prévus par le droit international, et assurent aborder cette nouvelle phase avec sérénité et détermination, tout en préservant leurs intérêts souverains.
Selon le négociateur en chef, cette procédure ne remet pas en cause les relations de coopération entre les deux pays, et la défense togolaise reposera sur des arguments juridiques et techniques élaborés avec rigueur.

