Le Togo se dote d’un nouvel instrument diplomatique. Réunis ce 14 octobre 2026 pour la troisième séance plénière de la deuxième session ordinaire, les députés ont adopté définitivement le projet de loi autorisant la ratification de la convention portant création de l’Organisation internationale pour la médiation, l’IOMed.
Les travaux étaient présidés par le Professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale, en présence du ministre délégué chargé de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, Yackoley Kokou Johnson, qui représentait le gouvernement.
Le vote est sans appel. Quatre-vingt-quinze voix pour, une abstention. Ce résultat intervient au lendemain de l’adoption du texte dans les mêmes termes par le Sénat, le 13 octobre, parachevant ainsi la procédure parlementaire.
Cette ratification ouvre la voie à l’adhésion formelle du Togo à l’IOMed, organisation internationale dédiée au règlement pacifique des différends par la médiation. Le champ de compétence de l’organisation est large. Il couvre les litiges entre États, ceux impliquant des États tiers, les différends entre un État et un ressortissant d’un autre État, ainsi que les litiges commerciaux internationaux entre parties privées.
Le Togo fait partie des trente-cinq membres fondateurs de cette organisation, aux côtés de trois autres pays africains que sont le Bénin, le Gabon et le Nigéria.
Devant la représentation nationale, le ministre Yackoley Johnson a salué un soutien constant du Parlement. Il a rappelé la cohérence de ce choix avec la posture diplomatique du pays, soulignant que la CEDEAO avait déjà consacré Lomé comme capitale de la paix, de la médiation, du dialogue et de la tolérance, bien avant cette actualité.
Le président de l’Assemblée nationale a, lui, insisté sur la portée stratégique du vote. Pour le Professeur Klassou, le Togo se dote d’un nouvel instrument au service du règlement pacifique des différends, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Il a rappelé le mandat de médiateur de l’Union africaine confié au Togo dans la crise des Grands Lacs et les initiatives diplomatiques conduites en Afrique de l’Ouest comme autant de témoignages de cet engagement.
La paix, a-t-il martelé, est dans la conscience nationale togolaise la condition de la sécurité collective, de la stabilité des institutions et du développement durable. Dans un monde traversé par les tensions et les rivalités, le choix de Lomé reste celui du dialogue.
Avec cette ratification, le Togo ne signe pas seulement un traité. Il renforce son cadre juridique, consolide son statut de terre de médiation et s’offre un levier supplémentaire pour prévenir les conflits et peser dans les négociations internationales.
Prudence AFANOU

