Vendredi 10 octobre 2026, sous le sol du Grand Lomé, un symbole a pris forme. Mawuse – « Dieu a écouté » – la première foreuse du projet RAINE, a entamé sa descente. Le ministre délégué à l’Eau, Séna Alipui, était là pour marquer le top départ d’un chantier que Lomé attendait depuis des décennies.
Lomé ne veut plus subir. Elle anticipe.
Le plus grand chantier d’assainissement souterrain du Togo
RAINE, pour Réseau d’Assainissement par Intercepteurs pour la Non-inondation de nos Espaces, c’est 7,5 km de tunnels de 2 mètres de diamètre qui vont capter les eaux de pluie et les évacuer vers la vallée du Zio.
À la clé : 1 600 hectares sécurisés, 230 000 habitants protégés dans les zones les plus exposées – Bè Kpota, Hédzranawoé, Tokoin Aviation.
Sans éventrer les avenues, la technique du micro-tunnelier permet de creuser sans tranchée. Made in Togo : les tuyaux en béton bas carbone sortent de l’usine d’Adétikopé. 210 emplois directs pour PFO Construction Togo. Avancement : plus de 15%.
« On est en pleine exécution pour soulager la population », martèle Séna Alipui. Mais lucidité oblige : « Il est un peu tôt pour dire que c’est fini pour les inondations. »
La stratégie du pompage préventif
Le temps que RAINE soit opérationnel, Lomé ne reste pas les bras croisés. La nouvelle doctrine : pomper avant la pluie, pas après.
Les bassins de rétention sont vidés par anticipation pour garder une marge d’absorption lors des fortes précipitations.
À Awatamé, épicentre des inondations de cette année, le changement est visible. Une alimentation électrique permanente fait tourner une pompe immergée, la piste d’accès a été renforcée, et 2,2 km de conduite refoulent les eaux vers un bassin tampon.
« Nous sommes confiants pour les saisons à venir », assure Agbéwounou Séméglo, directeur de l’Assainissement, tout en plaidant pour l’agrandissement des bassins.
Une chose est sûre : les Loméens jugeront sur pièce, à la première grosse pluie.
La rédaction

