La gestion durable des forêts entre dans une nouvelle ère au togo. réuni mercredi 26 août 2026 sous la présidence du président du conseil, faure essoximna gnassingbé, le conseil des ministres a adopté le projet de loi portant nouveau code forestier.
cette réforme arrive dans un contexte marqué par la pression sur les ressources naturelles, les effets des changements climatiques et les engagements internationaux du pays en matière de biodiversité.
plus de place aux communautés locales
l’un des apports majeurs du texte est le renforcement du rôle des acteurs de terrain. le nouveau code redéfinit les catégories du domaine forestier national et harmonise leurs règles de gestion, avec une implication accrue des collectivités territoriales.
surtout, il consacre la participation des populations riveraines. désormais, leur consultation devient obligatoire dans les procédures de classement des forêts. leurs droits d’usage, leurs intérêts légitimes et leurs savoirs sont pris en compte.
objectif : passer d’une gestion administrée à une gestion partagée, où ceux qui vivent au contact de la forêt deviennent des gardiens et non de simples spectateurs.
lutter contre la déforestation et valoriser la biodiversité
le texte renforce aussi l’arsenal de contrôle. la lutte contre le braconnage, le trafic d’espèces sauvages et les autres infractions forestières est inscrite comme priorité.
par ailleurs, le code introduit pour la première fois les principes d’*accès aux ressources génétiques* et de partage juste et équitable des avantages*. une avancée juridique qui vise à encadrer la recherche et la valorisation de la biodiversité togolaise, afin que les retombées profitent au pays et aux communautés.
Agroforesterie et énergie : des incitations pour désengorger la forêt
Conscient que la pauvreté et le besoin d’énergie restent les premiers facteurs de pression, le gouvernement mise sur l’alternative. le projet de loi prévoit des *mécanismes d’incitation* pour trois leviers :
1. l’agroforesterie : associer arbres et cultures pour restaurer les sols et diversifier les revenus des paysans.
2. l’investissement privé : attirer des capitaux dans la reforestation, la transformation du bois et les produits forestiers non ligneux.
3. la transition énergétique : réduire la dépendance au bois-énergie en soutenant des solutions durables.
Ces dispositions s’inscrivent directement dans les politiques nationales de reboisement, de restauration des paysages et de gestion des aires protégées.
Un outil juridique en cohérence avec les engagements du togo
au-delà du cadre national, cette réforme aligne le togo sur ses engagements climatiques et environnementaux. elle vise à concilier deux impératifs souvent opposés : protéger le patrimoine forestier et soutenir le développement local.
en confiant plus de responsabilités aux collectivités et en sécurisant les droits des populations, l’état cherche à bâtir une gouvernance forestière plus résiliente face aux effets du dérèglement climatique.
le projet de loi sera transmis à l’assemblée nationale pour examen. s’il est voté, il dotera le togo d’un cadre moderne pour protéger ses forêts tout en faisant de la forêt un levier de développement et de cohésion sociale.

