Invité au sommet FII PRIORITY Europe, le Président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, a porté à Rome la voix d’une Afrique qui cesse de subir les mutations de l’économie mondiale pour les anticiper. Réunissant chefs d’État, investisseurs, dirigeants d’entreprises et décideurs politiques, le forum s’est articulé autour de trois défis majeurs : la compétitivité des économies, la souveraineté économique et la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales.
L’Afrique, nouveau pivot de la croissance mondiale
Prenant la parole sur les perspectives du partenariat économique Afrique-Europe, Faure Gnassingbé a rappelé une donnée de structure : l’Afrique s’impose progressivement parmi les régions à plus forte croissance au monde. Cette dynamique démographique, énergétique et digitale transforme le continent en espace stratégique. Espace pour l’investissement productif, pour la connectivité, pour la logistique intégrée et pour l’intégration régionale.
« _Notre continent n’est plus seulement une terre de ressources. Il devient un marché, un laboratoire d’innovation et un corridor entre l’Atlantique, la Méditerranée et l’Asie. L’Europe a tout intérêt à y construire un partenariat d’égal à égal, fondé sur la valeur ajoutée plutôt que sur l’extraction_ », a-t-il souligné.
Le Togo, hub logistique et porte d’entrée de l’hinterland*
Dans ce repositionnement, le Togo revendique un rôle précis : celui de hub logistique et de porte d’entrée naturelle vers l’hinterland ouest-africain. Port de Lomé en eau profonde, plateforme aéroportuaire, zones franches industrielles et corridors routiers : le pays met en avant des infrastructures pensées pour fluidifier les échanges et réduire les coûts d’accès aux marchés du Burkina Faso, du Mali, du Niger et au-delà.
« _Le Togo entend pleinement contribuer à cette dynamique en valorisant son positionnement géographique. Notre ambition est claire : offrir des corridors plus performants, sécuriser les chaînes d’approvisionnement et créer des opportunités accrues pour nos populations. C’est le sens d’une croissance partagée, qui lie compétitivité et inclusion_ », a déclaré le Président du Conseil.
Repenser les chaînes de valeur pour gagner en souveraineté
Au-delà des infrastructures, l’intervention togolaise a insisté sur l’urgence de transformer les chaînes de valeur. L’enjeu n’est plus seulement d’exporter des matières premières, mais de capter la valeur ajoutée sur le continent : agro-industrie, énergies renouvelables, minerais critiques, digital. Pour Faure Gnassingbé, souveraineté économique ne signifie pas repli. Elle signifie capacité à décider, à produire, à intégrer.
Le message adressé aux investisseurs européens est direct : l’Afrique offre stabilité, rendements et échelle. À condition de bâtir des partenariats durables, ancrés dans le transfert de compétences et l’industrialisation locale.
À Rome, le Togo confirme ainsi sa doctrine : connecter l’Afrique à l’Europe non par la dépendance, mais par la complémentarité. Une voie où compétitivité, logistique et intégration régionale deviennent les leviers d’un développement qui profite d’abord aux populations.

