Le campus nord de l’Université de Kara a troqué pour quelques heures ses bruits de chantier contre le son des pelles et de la terre retournée. À l’occasion de la 49e Journée nationale de l’arbre, l’institution a lancé sa campagne de reboisement sur le site des nouvelles infrastructures. Autorités académiques, enseignants-chercheurs, personnel administratif et étudiants se sont retrouvés autour d’un geste simple mais structurant : mettre en terre les premiers arbres d’un campus qui veut grandir à l’ombre de ses propres forêts.
Placée sous le thème « Notre campus, notre environnement, notre responsabilité », l’opération s’inscrit dans la vision gouvernementale d’un milliard d’arbres d’ici 2030. Pour l’Université de Kara, il ne s’agit pas seulement de répondre à un appel national. Il s’agit d’intégrer l’arbre à la pédagogie, au cadre de vie et à l’éthique de l’institution.
Planter pour habiter le campus autrement
Plusieurs essences ont été choisies et installées sur le site du campus nord. Le choix dépasse l’esthétique : ombrage pour les allées, brise-vent pour les bâtiments, fixation des sols encore remués par les travaux, îlots de fraîcheur pour des amphithéâtres exposés à la chaleur sahélienne. L’université ne plante pas pour la photo du 1er juin. Elle plante pour transformer durablement le microclimat de son espace d’études et de recherche.
La présidente de l’Université, Professeure Prénam Houzou-Mouzou, a présidé la cérémonie. Son message a replacé le geste dans une exigence de long terme. « Chaque arbre est un investissement. Il produit de l’air, de l’ombre, de la biodiversité et des leçons. Planter engage. Faire vivre engage davantage », a-t-elle rappelé devant la communauté universitaire.
D’où la consigne claire : intégrer l’entretien post-plantation au fonctionnement du campus. Clubs environnementaux, services techniques, enseignants et étudiants sont appelés à assurer le suivi, l’arrosage et la protection des jeunes plants. L’objectif est de faire du taux de survie, et non du nombre planté, l’indicateur de réussite.
Les étudiants, maillon clé de la conscience écologique
La mobilisation des apprenants a marqué la journée. Pour Nadège Tanang, étudiante au CEProDuc, cette opération illustre la volonté de l’université « d’impliquer concrètement les jeunes dans les grandes transitions ». « Nous ne subissons pas le développement durable, nous le pratiquons », ajoute-t-elle.
Victor Amégnon, étudiant à l’ISMA, insiste sur le rôle de relais des étudiants : « Planter soi-même change le regard. Quand on connaît l’effort que demande un arbre, on le défend mieux. Nous avons une responsabilité de sensibilisation, dans nos amphis comme dans nos familles ».
Du symbole à la pratique institutionnelle
Au-delà de la cérémonie, l’Université de Kara veut inscrire le reboisement dans la durée. L’arbre doit devenir un objet d’étude, un support de projets de recherche, un indicateur de gestion du campus. L’ambition est de former des diplômés techniquement compétents et écologiquement responsables, capables de penser l’aménagement du territoire autrement.
En plantant aujourd’hui sur le campus nord, l’Université de Kara rappelle que la préservation de l’environnement ne relève pas d’un seul acteur. C’est une responsabilité partagée, qui commence dans les lieux où se fabrique la relève. Un campus plus vert est aussi un campus plus sain, plus attractif, plus résilient face aux dérèglements climatiques.

