À la veille de la Réunion de Haut Niveau sur la Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel (2026–2028), le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur, Robert Dussey, a reçu ce jeudi à Lomé le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão. Une rencontre qualifiée de « productive » par le chef de la diplomatie togolaise, qui replace les Nations Unies au cœur du dispositif de concertation voulu par le Togo.
« J’ai eu une réunion productive avec mon grand frère Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du SG pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel @UN_UNOWAS, en prélude à la réunion de haut niveau sur la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel. Ensemble, travaillons pour la paix et le développement au Sahel ! », a écrit Robert Dussey sur sa page X à l’issue de l’entretien.
Le choix du calendrier n’est pas anodin. En recevant le plus haut responsable onusien pour la région deux jours avant la présentation officielle de sa Nouvelle Stratégie pour le Sahel, Lomé envoie un signal. La démarche togolaise se veut concertée, arrimée au multilatéralisme, et soucieuse d’aligner ses priorités nationales sur les cadres d’action des Nations Unies, de l’Union Africaine et des organisations sous-régionales.
Le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), que dirige Leonardo Santos Simão depuis 2023, a pour mandat de conduire la diplomatie préventive, de soutenir les processus politiques et d’appuyer la consolidation de la paix dans une région où les crises sécuritaires, institutionnelles et humanitaires s’entremêlent. Le Togo, qui a fait de la médiation et du dialogue son marqueur diplomatique, trouve dans UNOWAS un interlocuteur dont la doctrine rejoint la sienne. Privilégier la concertation, refuser les ruptures, maintenir les canaux ouverts avec tous les acteurs.
L’entretien du 16 avril a permis de passer en revue les axes de la Nouvelle Stratégie togolaise 2026–2028 et de recueillir les appréciations des Nations Unies sur la pertinence et l’articulation de cette feuille de route. Les échanges ont porté sur trois points névralgiques. La coordination des initiatives diplomatiques dans un Sahel recomposé par la création de l’Alliance des États du Sahel. La prévention de l’extension de la menace terroriste vers les États du Golfe de Guinée. Et l’accompagnement des processus de transition politique, dans le respect de la souveraineté des États et des aspirations des populations.
Depuis plusieurs années, le ministre Robert Dussey a institutionnalisé une méthode. Consulter les partenaires clés avant chaque initiative majeure. Cette séquence diplomatique en amont de la Réunion de Haut Niveau du 18 avril s’inscrit dans cette logique. Elle vise à bâtir un consensus, à lever les incompréhensions et à garantir que la Nouvelle Stratégie du Togo ne soit pas perçue comme une démarche isolée, mais comme une contribution à l’effort collectif de stabilisation.
Le recours au registre de la fraternité, « mon grand frère Leonardo Santos Simão », traduit aussi une pratique constante de la diplomatie togolaise. Personnaliser la relation pour faciliter la confiance et fluidifier le dialogue, sans rien céder sur le fond. UNOWAS, par la voix de son Représentant spécial, a salué à plusieurs reprises le rôle de facilitateur joué par Lomé dans les crises ouest-africaines. La rencontre de ce jeudi vient consolider cette convergence.
La Nouvelle Stratégie du Togo intervient dans un environnement marqué par trois ruptures. Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO et la naissance de l’AES ont fragmenté l’architecture de sécurité collective. La pression terroriste s’est déplacée vers le sud, menaçant directement le nord du Togo, du Bénin et du Ghana. Les canaux de dialogue entre certains États sahéliens et une partie de la communauté internationale se sont réduits.
Dans ce contexte, l’objectif de Lomé est de proposer un cadre d’action qui préserve la possibilité de parler à tous, maintienne le lien entre Sahel et Golfe de Guinée, et place la sécurité humaine au centre. L’appui politique et technique d’UNOWAS est jugé essentiel pour donner à cette stratégie une résonance multilatérale et pour mobiliser les partenaires autour de projets concrets de développement, de cohésion sociale et de lutte contre l’extrémisme violent.
La réunion entre Robert Dussey et Leonardo Santos Simão préfigure la tonalité de la Réunion de Haut Niveau du 18 avril au Palais des Congrès. Les Nations Unies figureront parmi les intervenants de la session consacrée aux organisations régionales et internationales. Le Représentant spécial y livrera l’analyse d’UNOWAS sur les dynamiques du Sahel et les pistes de coordination avec la Nouvelle Stratégie togolaise.
En recevant Leonardo Santos Simão à 48 heures de son grand rendez-vous sur le Sahel, le Togo confirme son positionnement. Être un État côtier solidaire du Sahel, un médiateur accepté par les différentes parties, et un relais actif du multilatéralisme en Afrique de l’Ouest. La Nouvelle Stratégie pour le Sahel 2026–2028 sera présentée le 18 avril. Elle aura été précédée d’un travail d’harmonisation avec les Nations Unies. Pour Robert Dussey, c’est la condition de l’efficacité. Pour UNOWAS, c’est la preuve qu’au Sahel, le dialogue reste possible.

