Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’extérieur, Professeur Robert Dussey, a représenté le Togo à la 9e Réunion ministérielle de la Zone de Paix et de Coopération de l’Atlantique Sud (ZOPACAS), organisée au Brésil. Au terme des travaux, le chef de la diplomatie togolaise a tenu à saluer l’accueil et la rigueur de l’organisation brésilienne, tout en réaffirmant l’engagement de son pays en faveur des conclusions adoptées. « Merci à mon cher ami, Mauro Vieira, le Ministre des Affaires étrangères du Brésil @Itamaraty_EN, pour son hospitalité et pour l’organisation parfaite de la 9e Réunion ministérielle à Zopacas. Le Togo adhère pleinement à la Déclaration de Rio », a-t-il écrit sur sa page X.
La ZOPACAS est née le 27 octobre 1986 par la résolution 41/11 de l’Assemblée générale des Nations Unies, dans un contexte de Guerre froide où il s’agissait de soustraire l’Atlantique Sud à la militarisation, aux armes nucléaires et aux rivalités des grandes puissances. Elle regroupe 24 États riverains répartis entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique australe et l’Amérique du Sud. Avec le temps, son mandat s’est élargi à la coopération pour la paix, la sécurité, le développement durable, la lutte contre la criminalité transnationale, la protection de l’environnement marin et la recherche scientifique. Le Brésil y joue un rôle moteur et accueille régulièrement les réunions ministérielles qui permettent d’actualiser l’agenda commun des membres.
La 9e Réunion ministérielle s’est tenue à Rio de Janeiro sous la présidence du ministre brésilien Mauro Vieira. Elle intervient alors que l’espace atlantique sud fait face à la recrudescence des tensions géopolitiques, à la persistance de la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, aux défis climatiques et à la compétition croissante pour les ressources halieutiques et énergétiques. La Déclaration de Rio adoptée à l’issue des échanges réaffirme le maintien de l’Atlantique Sud comme zone exempte d’armes nucléaires et appelle au renforcement de la coopération contre la piraterie, la pêche illicite, le trafic de drogue et la traite des êtres humains. Le texte insiste également sur l’exploitation durable des ressources marines au profit des populations riveraines, sur la protection des écosystèmes côtiers face aux changements climatiques et sur l’intensification du dialogue Sud-Sud entre l’Afrique et l’Amérique latine, fondé sur l’égalité et le bénéfice mutuel.
En adhérant pleinement à la Déclaration de Rio, le Togo confirme les grandes orientations de sa politique étrangère sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Lomé manifeste d’abord son attachement au multilatéralisme et aux cadres où la voix des États moyens et petits pèse dans la définition des normes internationales. Le pays, membre actif du processus de Yaoundé sur la sûreté et la sécurité maritimes, perçoit la ZOPACAS comme un cadre complémentaire pour mutualiser les moyens de surveillance et de réponse face à l’insécurité dans le golfe de Guinée. La plateforme ouvre aussi des perspectives de diplomatie économique avec le Brésil et l’Amérique latine dans l’agriculture, l’énergie, le numérique et l’économie bleue. La présence du Prof Robert Dussey à Rio s’inscrit ainsi dans une séquence diplomatique dynamique, marquée par la recherche de partenariats diversifiés et la promotion d’un rôle de médiateur sur les questions de paix en Afrique de l’Ouest.
Le message adressé au ministre Mauro Vieira traduit par ailleurs la qualité des relations entre Lomé et Brasilia. Les deux capitales partagent une vision convergente sur la réforme de la gouvernance mondiale, la réduction des inégalités et la valorisation de la coopération Sud-Sud. Des pistes de collaboration sont explorées dans la formation, l’agro-industrie, les énergies renouvelables et la coopération décentralisée.
Pour la diplomatie togolaise, l’engagement au sein de la ZOPACAS répond à plusieurs impératifs stratégiques. Le port autonome de Lomé, plateforme majeure du golfe de Guinée, dépend d’une approche régionale élargie à tout l’Atlantique Sud pour garantir sa sûreté. Au-delà des partenaires traditionnels, le Togo diversifie ses alliances en tissant des liens avec l’Amérique latine afin d’équilibrer sa politique extérieure. Lomé entend également contribuer à faire de la ZOPACAS un instrument au service du développement et non un simple forum déclaratoire, tout en valorisant son expérience en matière de médiation et de maintien de la paix dans les discussions sur la prévention des conflits.
La participation du Prof Robert Dussey à la 9e Réunion ministérielle de la ZOPACAS illustre la volonté du Togo d’être présent dans les arènes où se discutent la sécurité et l’avenir des espaces maritimes partagés. En adhérant à la Déclaration de Rio, le pays réaffirme son choix d’une diplomatie de principes fondée sur la paix, la coopération, le respect du droit international et la solidarité Sud-Sud. Dans un monde en recomposition, la ZOPACAS offre au Togo un levier supplémentaire pour protéger ses intérêts, contribuer à la stabilité régionale et bâtir des partenariats d’avenir.

