C’est une page qui se tourne dans l’histoire de l’éducation togolaise. Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a signé le 23 octobre 2026 un arrêté qui supprime purement et simplement les examens du Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP) des premier et second degrés.
Le texte abroge l’arrêté du 12 avril 1978 qui régissait depuis 48 ans ces examens professionnels, passage obligé pour des générations d’enseignants pour progresser dans leur carrière.
Une suppression avec sursis pour certains
Si la décision est radicale, elle n’est pas brutale. Le ministère a prévu des mesures transitoires pour ne pas pénaliser les enseignants déjà engagés dans le parcours.
Au premier degré, les instituteurs titulaires du Certificat Élémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP) conservent le droit de se présenter au CAP.
Dans le second degré, la dérogation concerne les enseignants fonctionnaires des disciplines spécifiques : dessin, Éducation Physique et Sportive (EPS), enseignement ménager et musique. Pour eux, l’accès au CAP 2e degré reste conditionné à la détention d’un diplôme équivalent au CEAP 2e degré ou du BAC 2.
Vers une refonte du parcours enseignant ?
Si le ministère n’a pas encore détaillé les raisons de cette suppression, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du système éducatif togolais, qui vient de voir le calendrier des examens 2027 publié et la fin de la simple « semaine culturelle » au profit des sciences et technologies.
L’abrogation du texte de 1978 pose désormais une question centrale : par quoi sera remplacé le CAP ? Quel sera le nouveau mécanisme de promotion et de certification des compétences pédagogiques ?
Le nouvel arrêté reste muet sur deux points essentiels : la durée de la période transitoire accordée et les modalités précises de son application. Des précisions qui sont très attendues par les syndicats d’enseignants et les concernés.
En attendant, une ère s’achève. Le CAP, qui a formé l’ossature de la carrière enseignante au Togo, appartient désormais au passé.
Launetogo

