En sa qualité de Président de l’Assemblée nationale togolaise, le Professeur Komi Selom Klassou a présidé, ce mercredi 8 avril à Lomé, la cérémonie d’ouverture de la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblées et de Sections Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Dans son allocution inaugurale, il a souligné avec force la mission essentielle des parlementaires : « En notre mandat éminent de représentants des peuples, il nous incombe non seulement d’anticiper les mutations profondes qui traversent notre époque, mais encore de concevoir des législations à la mesure des défis contemporains, garantissant ainsi l’adéquation du droit aux réalités sociales en perpétuelle évolution. »
Conférence préparatoire à la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique de l’APF
Initiée par le Parlement togolais en partenariat avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), cette conférence rassemble une dizaine de présidents d’Assemblées nationales et de Sénats, des chefs de délégation des sections membres africaines de l’APF, ainsi que des conseillers stratégiques et cadres des administrations parlementaires. Ensemble, ils œuvreront à la préparation de la prochaine assemblée régionale par des échanges approfondis visant à dégager des consensus constructifs.
Programme structuré autour de trois piliers d’excellence
L’agenda comprend des panels thématiques dédiés, des sessions de networking ciblé entre parlementaires, ainsi que des ateliers de mutualisation des bonnes pratiques visant à optimiser l’efficacité opérationnelle de l’action législative.
Dans son allocution, le Professeur Klassou a souligné que cette concertation s’inscrit dans un paysage géopolitique mondial caractérisé par une volatilité accrue et des mutations structurelles profondes : « Notre ère est marquée par des recompositions géostratégiques majeures, tandis que les sociétés affrontent des défis d’une ampleur inédite – au premier rang desquels des crises sécuritaires multifocales, des tensions économiques structurelles, des transformations sociétales accélérées, l’urgence climatique et des bouleversements technologiques disruptifs. L’espace francophone africain n’échappe pas à cette turbulence générale. »
Face à ces défis multidimensionnels, le Professeur Klassou a souligné l’impérieuse nécessité pour les parlements d’exercer une vigilance démocratique accrue, garantissant l’adéquation des politiques publiques aux aspirations citoyennes. Dans une allocution dont la portée stratégique résonne au-delà des frontières togolaises, il affirma :
« C’est dans cette optique fondamentale que la coopération au sein de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie révèle sa pleine pertinence. Notre espace francophone constitue un laboratoire d’idées sans équivalent – creuset de dialogue fécond, de solidarité agissante et de mutualisation des savoir-faire. Il permet à nos institutions législatives de consolider leurs architectures institutionnelles, d’optimiser leurs méthodologies par l’échange de best practices, et de promouvoir avec cohésion les valeurs cardinales de notre communauté : démocratie inclusive, paix durable, primauté du droit, et fraternité entre les peuples. »
Appel à l’action transformatrice
Le Président plaida ainsi pour une métamorphose de l’APF : l’ériger en véritable agorà de concertation parlementaire et plateforme d’influence géopolitique, apte à accompagner les mutations structurelles – politiques, économiques et institutionnelles – qui redessinent l’échiquier continental et mondial.
Le président en exercice de l’APF, Hilarion Etong a rappelé également quelques défis actuels du continent tels que les bouleversements et les incertitudes. Il a évoqué l’urgence de repenser les réponses face à ces défis et de renforcer la diplomatie parlementaire.
L’APF a été fondée en 1967 et regroupe 99 adhérents issus des parlements et organisations interparlementaires partageant l’usage de la langue française.

