Le dossier des matchs présumés truqués est passé du terrain médiatique à l’hémicycle. Et l’exécutif a choisi la fermeté.
Convoqués par les députés dans le cadre de l’article 108 du Règlement intérieur, la ministre Mazamesso Assih et le ministre délégué aux Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, ont répondu sans détour aux interrogations de la nation. La plénière, présidée par Pr Komi Selom Klassou, s’est tenue pour une seule raison : restaurer la crédibilité d’un football en pleine reconstruction.
À l’origine de l’interpellation, le député Kokou Eké Hodin. Il a porté à la tribune des enregistrements circulant sur la toile, impliquant des cadres de la FTF et du comité d’organisation du championnat. Des voix, des noms, des soupçons de résultats arrangés. Suffisant pour que le Parlement exige des comptes.
Face à cela, le gouvernement ne se cache pas. Pour Mazamesso Assih, le football n’est pas qu’un jeu. C’est un outil de cohésion, un levier de jeunesse, une vitrine du Togo. Salir la compétition, c’est trahir la vision du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, et tous les investissements faits pour la professionnalisation.
Le temps des dénégations est révolu. La FTF a rejeté les audios. L’exécutif estime que ce n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Les preuves sont déjà collectées et les juristes à pied d’œuvre.
L’annonce forte est venue de Dr Fofana : une commission d’enquête indépendante verra le jour. Elle sera adossée à la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage du Togo pour garantir son impartialité, loin de toute tutelle fédérale ou gouvernementale. Auditions contradictoires, analyse factuelle, rapport public : le calendrier sera serré. Et si la justice pénale doit entrer en scène, elle le fera.
Pr Klassou l’a dit : les jeunes talents méritent mieux que le doute. L’Assemblée n’entend pas classer ce dossier sans conclusions claires. L’objectif est unique, redonner du sens aux stades, aux efforts et aux réformes.
Le message du gouvernement est donc net : le football togolais ne se négocie pas. L’intégrité d’abord, la lumière ensuite, la sanction si nécessaire.

