Pour garantir des données fiables et ajuster ses stratégies, l’Organisation mondiale de la Santé au Togo a lancé une session de formation des enquêteurs de terrain du 19 au 23 mai. L’objectif est de collecter des informations précises sur les effets de la campagne intégrée de vaccination contre la rougeole et la rubéole, associée à la distribution de vitamine A et d’albendazole.
Cette campagne, menée à l’échelle nationale, vise les enfants de 9 mois à 5 ans pour le volet vaccinal et les enfants de 6 mois à 5 ans pour la supplémentation en vitamine A et le déparasitage. Au-delà de la couverture vaccinale, les autorités sanitaires veulent désormais mesurer l’impact réel sur le terrain et comprendre les facteurs qui influencent l’adhésion des populations.
Former pour collecter des données exploitables
Pendant cinq jours, les enquêteurs sélectionnés reçoivent une formation méthodologique sur les techniques d’enquête en population, l’utilisation des outils numériques de collecte et les règles d’éthique et de confidentialité. L’enjeu est d’assurer une collecte standardisée, afin que les données produites soient comparables et utilisables pour la prise de décision.
« Sans données fiables, il est impossible d’évaluer l’efficacité d’une campagne et de corriger le tir en temps réel », explique un cadre de l’OMS Togo. Les enquêteurs seront déployés dans plusieurs districts pour interroger les ménages sur la participation à la campagne, la réception des services, mais aussi sur les raisons de non-participation.
Adapter la réponse face à l’hésitation vaccinale
Le volet le plus sensible de cette évaluation concerne l’hésitation vaccinale. Au Togo comme ailleurs, des réticences persistent, alimentées par la désinformation, la méfiance envers les institutions ou des contraintes d’accès. En documentant ces freins, l’OMS et le ministère de la Santé veulent adapter les messages, les canaux de communication et l’organisation des équipes de vaccination.
L’approche retenue combine des questions quantitatives pour mesurer l’ampleur du phénomène et des entretiens qualitatifs pour saisir les perceptions et les croyances locales. Les résultats permettront de cartographier les zones où l’hésitation est la plus forte et d’identifier les acteurs communautaires à mobiliser.
Un outil de pilotage pour les prochaines campagnes
Les données collectées serviront directement au pilotage de la campagne en cours et à la préparation des prochaines interventions. Elles doivent aider à cibler les districts prioritaires, renforcer la sensibilisation de proximité et ajuster la logistique pour réduire les ruptures d’accès.
Pour l’OMS Togo, cette démarche s’inscrit dans une volonté de passer d’une logique de couverture brute à une logique d’impact et de confiance. En associant mesure d’impact et compréhension des comportements, l’institution espère réduire les poches de sous-vaccination et améliorer la protection des enfants contre la rougeole, la rubéole et les maladies liées aux carences et au parasitisme intestinal.
Les résultats de l’enquête sont attendus dans les semaines qui suivent la fin de la formation. Ils alimenteront le dialogue entre les autorités sanitaires, les partenaires techniques et les collectivités locales pour ajuster les stratégies de vaccination à la réalité du terrain togolais.

