Pour la Banque mondiale, le pari togolais est clair : transformer l’économie en investissant d’abord dans les hommes et les femmes.
En visite à Lomé, Ousmane Diagana, Vice-président pour l’Afrique de l’Ouest, l’a martelé : aucune mutation structurelle ne tient sans un effort massif sur les compétences.
« Aucun pays n’a réussi sa transformation sans avoir massivement investi dans son capital humain et aligné les compétences sur les besoins du secteur productif », a-t-il déclaré.
Des signaux qui crédibilisent la trajectoire
Cette déclaration intervient alors que les réformes togolaises commencent à être visibles.
Fiscalité, zones économiques spéciales, énergie, agriculture, foncier : les chantiers avancent. Et les évaluations internationales le notent. Dans une région où les contraintes structurelles pèsent, le Togo gagne en lisibilité et en attractivité.
Pour la Banque mondiale, ces progrès ne sont pas fortuits. Ils reposent sur une conviction : le développement passe par la capacité d’une population à produire, innover et s’adapter.
3 priorités pour transformer les compétences en croissance
Le message est direct et pose les bases de l’étape suivante :
1. Éducation de base solide : Renforcer la petite enfance et la qualité des apprentissages. C’est la condition de l’apprentissage tout au long de la vie.
2. Formation professionnelle refondée* : Rompre avec les modèles déconnectés. Placer le secteur privé au cœur de la conception des programmes pour coller aux besoins réels de l’économie.
3. Employabilité : Faire de la formation un levier direct de productivité et d’insertion, et non un simple diplôme.
Le capital humain, nouvel actif stratégique
Avec cette lecture, le Togo repositionne son capital humain au même rang que ses infrastructures ou ses ressources.
L’enjeu n’est plus seulement de construire des routes ou des usines. Il est de s’assurer que ceux qui les utiliseront disposent des qualifications pour en tirer le maximum de valeur.
En validant cette orientation, la Banque mondiale envoie un signal fort aux investisseurs : le Togo mise sur le long terme. Et sans cet investissement dans les compétences, aucune ambition de transformation ne peut aller au bout.

