Deux jours pour repenser la guerre contre le plastique. Le séminaire parlementaire sur la pollution plastique s’est achevé samedi 3 octobre 2026 à l’Assemblée nationale à Lomé. Organisé par le Parlement togolais avec l’appui de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), l’atelier a réuni un casting inédit : députés, sénateurs, élus locaux, ministères, société civile et experts internationaux.
Objectif : toiletter un arsenal juridique jugé insuffisant face à l’invasion des déchets plastiques qui étouffent les caniveaux, les champs et les plages togolaises.
Au cœur des débats : interdire, faire payer, recycler
Les travaux ont dépassé le constat pour attaquer le dur : que faut-il interdire concrètement ? Les participants ont plaidé pour une définition claire et sans ambiguïté des plastiques à usage unique à bannir, tout en préservant les usages indispensables dans la santé ou l’agroalimentaire.
Deuxième chantier explosif : la Responsabilité Élargie du Producteur (REP). Le principe est simple et va changer la donne : celui qui met du plastique sur le marché doit payer pour sa fin de vie. Producteurs et importateurs devront désormais contribuer financièrement à la collecte, au tri et au recyclage. Les instruments fiscaux, les mécanismes de contrôle et les aides à la filière locale de valorisation ont été longuement débattus.
Une approche qui ouvre la voie à l’économie circulaire : le déchet plastique n’est plus une ordure, c’est une matière première qui crée des emplois.
« Une question de santé publique et de justice territoriale »
Pour la députée Stella Dadieba Bagnah-Gamon, le séminaire a été un déclic : « Nous avons mieux mesuré les implications sur la santé publique, sur l’agriculture, sur l’équité entre les zones urbaines et rurales et sur les finances publiques ». Elle voit aussi une opportunité économique majeure dans la filière de recyclage.
Même satisfaction côté APF. Alioune Dramé, Conseiller à l’APF, a salué « l’engagement des parlementaires togolais » et la démarche bicamérale rare – députés et sénateurs travaillant ensemble – tout en insistant sur la nécessité d’une coordination de tous les acteurs pour une réponse durable.
« Le séminaire s’achève, la mission commence »
C’est l’honorable Richard Gbalgueboa Kangbeni, Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, représentant le Président, qui a clos les travaux. Son message est clair : on est passé de la théorie à l’action.
Il a insisté sur trois urgences : renforcer l’application des textes existants souvent contournés, produire des données fiables sur l’ampleur de la pollution, et surtout, clarifier qui fait quoi entre l’État, le Parlement, les collectivités, les producteurs et les citoyens.
Les propositions issues de ces deux jours ne resteront pas dans un tiroir. Elles vont nourrir une feuille de route précise qui doit déboucher sur une nouvelle loi : « un dispositif cohérent, applicable et adapté aux réalités togolaises ».
« Le séminaire s’achève, la mission commence », a-t-il lancé, remerciant l’APF, l’OIF et tous les participants.
En deux jours, le Parlement togolais a posé les fondations d’une future loi anti-plastique plus sévère, plus juste et plus économique. Le prochain pas sera législatif.

