Le Togo lève les yeux vers le ciel pour mieux gérer sa terre. C’est une coopération aussi inattendue que stratégique qui vient d’être officialisée.
Le pays va bénéficier de données d’observation de la Terre, de formations pointues et d’un transfert de technologies spatiales grâce à un partenariat avec le Kirghizistan. L’annonce a été faite ce jeudi 1er octobre par la ministre de la Transformation numérique, Cina Lawson.
Une alliance qui peut surprendre sur la carte, mais qui a tout son sens sur le plan technologique.
Du satellite kirghiz aux champs togolais
Le Kirghizistan vient de franchir une étape historique avec la mise en orbite de son premier satellite. Fort de cette expérience, ce pays d’Asie centrale a décidé de partager son savoir-faire.
Concrètement, Bichkek va transmettre au Togo des données satellitaires à haute valeur ajoutée, former des compétences locales et assurer le transfert des technologies nécessaires à leur exploitation.
Et pour Lomé, l’usage est très clair. Il ne s’agit pas de conquête spatiale pour le prestige, mais d’outils pour le développement.
Ces données serviront à trois priorités nationales :
1. L’agriculture : améliorer la productivité, suivre la santé des cultures, anticiper les rendements et optimiser l’irrigation.
2. Les mines : soutenir l’exploration et la cartographie des minéraux stratégiques du sous-sol togolais.
3. L’énergie verte : identifier les meilleurs sites pour le solaire et l’éolien et planifier le développement des énergies propres.
« Pour nous, la technologie spatiale n’est pas une fin en soi. Sa valeur réside dans ce qu’elle peut apporter à notre population et à notre économie : aider nos agriculteurs à produire davantage, améliorer notre compréhension et la gestion de nos ressources naturelles, et soutenir le développement des énergies propres », a martelé Cina Lawson.
Une philosophie pragmatique : le satellite au service du paysan.
Vers un satellite commun ?
Ce partenariat spatial n’arrive pas de nulle part. Il s’inscrit dans le prolongement d’un mémorandum d’entente signé il y a quelques mois entre les deux pays sur le développement des technologies de l’information et de la communication. Un accord qui couvre déjà la transformation numérique des administrations, l’e-gouvernement, la cybersécurité et le déploiement d’infrastructures modernes.
Mais cette fois, l’ambition va plus loin. Les deux pays envisagent à terme de développer et de lancer conjointement de futurs engins spatiaux.
Pour le Togo, qui a déjà fait du numérique un pilier de sa feuille de route gouvernementale, c’est une nouvelle étape majeure. Après la fibre, la data, l’intelligence artificielle, le pays s’ouvre désormais les portes du New Space, non pas comme simple consommateur d’images, mais comme partenaire capable de co-construire ses propres outils d’observation pour piloter son développement.
La rédaction

