Le Togo engage une réforme de fond pour consolider la crédibilité de ses données. Les acteurs du Système Statistique National (SSN) se sont réunis à Lomé pour examiner les instruments juridiques et techniques qui encadreront l’entrée en vigueur du visa statistique, un nouveau mécanisme de régulation et de contrôle qualité des opérations statistiques sur l’ensemble du territoire.
Conçu comme une autorisation officielle préalable, le visa statistique s’adressera à toute personne physique ou morale qui projette de conduire une enquête ou une collecte de données d’envergure nationale ou locale.
L’ambition est claire : s’assurer que chaque opération statistique respecte scrupuleusement les normes méthodologiques en vigueur, évite la dispersion des initiatives et s’inscrit dans une logique de coordination. En pratique, ce dispositif doit permettre de réduire les doublons, d’harmoniser les méthodes et d’élever le niveau d’exigence dans la production des chiffres publics.
Au-delà de la contrainte, il s’agit d’un gage de qualité. Des statistiques fiables, comparables et actualisées constituent le socle indispensable à la conception, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques.
L’atelier, organisé par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques et Démographiques (INSEED) avec l’appui technique du Centre Africain pour le Développement Équitable (ACED), a été l’occasion de soumettre à l’appréciation des experts l’architecture complète du mécanisme.
Les participants ont ainsi passé en revue le manuel de procédure d’octroi du visa statistique, qui définit les étapes et critères d’évaluation. Ils ont également examiné le formulaire de demande, le modèle de procès-verbal d’évaluation ainsi que le récépissé de dépôt des dossiers. L’objectif de ce travail minutieux est de rendre la procédure à la fois rigoureuse, transparente et accessible à tous les producteurs de données.
La mise en place du visa statistique découle directement du *partenariat stratégique signé en juin 2024 entre l’INSEED et l’ACED*. Cette collaboration vise à renforcer durablement les capacités nationales en matière de production, de diffusion et d’exploitation de données probantes pour éclairer la décision publique.
Elle intervient à un moment où le besoin en information statistique n’a jamais été aussi pressant. En mars dernier, le gouvernement a lancé la *quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDST-IV)*, une vaste opération destinée à mesurer les avancées socio-sanitaires du pays.
Par ailleurs, les données du dernier recensement montrent que la population togolaise a connu une croissance moyenne annuelle de 2,3 % entre 2010 et 2022. Cette dynamique démographique accroît la nécessité de disposer d’outils statistiques modernes, capables de fournir aux décideurs des repères fiables pour planifier les services sociaux de base, l’aménagement du territoire et le développement économique.
Avec le visa statistique, le Togo franchit ainsi une étape décisive. Il se dote d’un instrument de gouvernance des données qui doit permettre de crédibiliser la statistique publique, de renforcer la confiance des utilisateurs et de soutenir plus efficacement la mise en œuvre de l’agenda national de développement.

