Depuis décembre 2024, le certificat de nationalité n’est plus uniquement ce document que l’on allait chercher au prix de longues attentes dans les couloirs des juridictions, entre patience éprouvée et démarches parfois laborieuses. Il s’inscrit désormais dans une dynamique nouvelle, portée par la digitalisation progressive des services publics, qui redessine en profondeur la relation entre administration et citoyens.
Pensée comme gage de modernisation, cette réforme introduit une organisation plus fluide, structurée et largement dématérialisée du parcours de demande. Elle ambitionne de réinventer l’expérience administrative, en la rendant plus accessible, plus transparente et, surtout, plus efficace. Les premiers résultats témoignent déjà de cette transformation en cours.
Entre le 13 décembre 2024, date officielle du lancement, et le 30 mars 2026, 165 657 demandes ont été enregistrées, dont 127 791 déjà traitées, soit un taux de 77 %. Une cadence qui traduit à la fois l’adhésion progressive des usagers et la montée en puissance du dispositif.
Un document au cœur du lien civique
Le certificat de nationalité demeure une pièce essentielle dans la vie administrative de tout citoyen. Il établit le lien juridique entre l’individu et l’État et atteste officiellement de son appartenance à la communauté nationale. Sans ce document, l’accès à des droits fondamentaux devient particulièrement difficile.
Il conditionne l’obtention de la carte nationale d’identité ou du passeport, l’accès à certains emplois, ainsi que la participation à la vie démocratique à travers le droit de vote et d’éligibilité. À ce titre, il représente un « passeport » pour l’intégration socioéconomique et politique.
La réforme repose sur une refonte complète du parcours de l’usager, désormais accessible en ligne via le portail officiel des services publics, à l’adresse www.service-public.gouv.tg. Une fois sur la plateforme, l’usager accède à la rubrique dédiée à la citoyenneté, puis clique sur l’onglet « faire la demande en ligne » pour initier la procédure.
Le processus débute par la constitution du dossier. Le demandeur doit réunir un certain nombre de pièces, notamment un acte de naissance, ainsi que les documents attestant de la nationalité des parents ou tout autre justificatif requis selon les cas. Cette étape demeure déterminante pour éviter les rejets ou demandes de correction. La demande est ensuite introduite en ligne, à travers un formulaire à renseigner directement sur la plateforme. Le paiement des frais, fixé à 5 000 francs, s’effectue également en ligne via des solutions de paiement électronique, ce qui limite les déplacements et simplifie la démarche.
Une fois la demande soumise, les informations sont transmises à la Direction nationale des services de la citoyenneté, qui procède à la vérification et au traitement des dossiers. En cas d’anomalie, une notification est envoyée au demandeur afin qu’il apporte les corrections nécessaires. Lorsque le dossier est jugé conforme, le demandeur est invité à effectuer un dépôt physique dans le centre choisi lors de la demande. Cette étape permet de confronter les pièces numériques aux originaux, garantissant ainsi la fiabilité du processus. À l’issue du traitement final, une notification informe de la disponibilité du certificat. Le délai de traitement est estimé à environ 60 jours.
Duplicata, une demande massive et un service renforcé
Le besoin en duplicatas de certificats de nationalité illustre également l’ampleur des sollicitations adressées à l’administration. À ce jour, plus de 699 000 duplicatas ont déjà été produits, témoignant de l’importance de ce document dans le quotidien des citoyens.
La procédure pour l’obtention d’un duplicata se veut plus allégée. Elle repose principalement sur la fourniture d’un acte de naissance et d’un certificat de nationalité antérieur. Comme pour la première demande, l’initiation de la démarche peut se faire en ligne, facilitant ainsi l’accès au service. Le paiement des frais, fixé à 1 000 francs CFA, renforce également l’accessibilité de cette procédure, en la rendant plus abordable pour les usagers.
L’un des atouts majeurs de cette procédure réside dans la souplesse du retrait. Une fois le document établi, le bénéficiaire peut choisir de le récupérer dans un centre de traitement ou d’opter pour un envoi par voie postale. Cette flexibilité constitue un gain de temps considérable, notamment pour les usagers éloignés des centres administratifs.
Une administration en mutation progressive
Si des défis subsistent, notamment en matière d’appropriation du dispositif par certains usagers, la dynamique engagée reste résolument positive et maîtrisée. Elle s’accompagne d’une réflexion continue visant à adapter l’organisation du service aux réalités du terrain.
Dans cette perspective, l’élargissement des centres de dépôt aux mairies est actuellement à l’étude. Cette orientation, encore en phase de réflexion, vise à rapprocher davantage le service des populations et à améliorer, à terme, l’accessibilité du dispositif sur le territoire.

