L’agriculture togolaise nourrit-elle son homme ? La réponse, naguère réservée, tend désormais vers l’affirmative. Ce basculement procède d’un appui public constant, destiné aux producteurs, aux consommateurs et aux acteurs de la commercialisation.
Indicateur clé de la santé agricole, la production de semences vivrières illustre la capacité du pays à préparer les campagnes, à stabiliser les systèmes de production et à nourrir durablement sa population.
Maïs, riz, sorgho, mil, manioc, légumineuses : les semences vivrières sont des graines sélectionnées pour leur rendement, leur résistance aux maladies, leur adaptation climatique et leur valeur nutritionnelle. À la différence des grains de consommation, elles conditionnent la réussite des récoltes et la résilience des exploitations.
Entre 2024 et 2025, la production nationale est passée de 3 315 tonnes à 3 453,8 tonnes, soit +4,2 %. Derrière cette progression globale, les évolutions régionales divergent. La Maritime double quasiment sa production, de 49 à 93,2 tonnes. Les Savanes confirment leur poids stratégique en progressant de 819 à 977,9 tonnes. La Centrale conforte sa primauté, de 1 395,6 à 1 645 tonnes. À l’inverse, les Plateaux reculent de 713,3 à 415 tonnes et la Kara de 338,2 à 322,7 tonnes, sous l’effet d’ajustements techniques, climatiques ou d’orientations culturales.
La hausse observée résulte d’une intervention renforcée de l’État : production encadrée, subvention ciblée, distribution maîtrisée. L’accès aux semences améliorées se démocratise, les superficies emblavées en variétés performantes s’étendent, les rendements progressent, les pertes régressent. Les exploitations gagnent en stabilité.
Une offre vivrière plus abondante et régulière stabilise les marchés, atténue la volatilité des prix et améliore l’accessibilité des denrées. La sécurité alimentaire s’en trouve consolidée, l’alimentation diversifiée. En amont, la filière semencière se structure. En aval, la transformation et la commercialisation sont stimulées.
En assurant la disponibilité de semences de qualité, l’État pose les fondations d’une agriculture productive, résiliente et souveraine.

