À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT) a rappelé une évidence trop souvent reléguée au second plan : il n’existe pas de presse libre sans travail décent. Dans un communiqué rendu public ce samedi, le syndicat salue le courage des professionnels des médias qui, malgré un environnement socio-politique complexe et une précarité croissante, continuent d’informer avec abnégation.
« Un journaliste mal rémunéré est un journaliste vulnérable »
Pour le SYNJIT, la précarité économique fragilise directement l’indépendance éditoriale. « Dans un contexte marqué par des crises multiformes, le journaliste togolais ne peut exercer son rôle de rempart démocratique s’il demeure prisonnier de la précarité », souligne le texte. Une presse vulnérable, ajoute-t-il, est une presse exposée à toutes les influences, politiques comme économiques.
Une convention collective à actualiser d’urgence
Le syndicat révèle avoir saisi officiellement, il y a quelques jours, la Ministre de la Communication et des Médias pour exiger la mise en place, sans délai, du « Comité de suivi » de la Convention collective signée le 14 octobre 2022. L’objectif : actualiser la grille des salaires annexée à ladite Convention, devenue obsolète depuis le relèvement du SMIG à 52 500 FCFA le 1er janvier 2024.
« Maintenir les journalistes sur des bases salariales dépassées n’est pas seulement une injustice sociale. C’est une entrave directe à leur indépendance professionnelle », martèle le SYNJIT.
Un triple appel à la responsabilité
Le communiqué se conclut par un appel solennel adressé à trois acteurs clés.
Aux organisations patronales : « La survie et la crédibilité de vos entreprises dépendent de la dignité de vos employés. Nous vous invitons à une collaboration franche pour l’application réelle du nouveau SMIG dans nos grilles sectorielles ».
Au Gouvernement : « Le respect des engagements pris lors de la signature de la Convention est une question de responsabilité républicaine ».
Aux journalistes employés : « Restons mobilisés. La liberté pour laquelle nous nous battons commence par le respect de nos droits fondamentaux ».
Le travail décent, socle de l’indépendance
Pour Narcisse Dodzi Prince-Agbodjan, Secrétaire général du SYNJIT, le message est sans équivoque : « Le travail décent n’est pas un luxe. C’est le moteur essentiel de notre indépendance économique ».
Alors que le Togo a enregistré une progression notable dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF, gagnant 25 places pour atteindre le 97ᵉ rang, le SYNJIT rappelle que les acquis demeurent fragiles. La consolidation de la liberté de la presse passe aussi par les rédactions : contrats réguliers, salaires décents, protection sociale. Car la qualité de l’information est indissociable de la dignité de celles et ceux qui la produisent.

