Sous la coupole du Palais de la Démocratie, les sonorités de l’hymne tchadien ont ouvert la clôture de la première session ordinaire de la 4ᵉ législature. Un moment protocolaire, mais surtout politique : le Togo était l’invité d’honneur.
À la tête d’une délégation parlementaire, *Son Excellence Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale togolaise, a porté à N’Djamena la voix de Lomé. Objectif : consolider une amitié d’État à État, et donner un nouvel élan à la *diplomatie parlementaire africaine*.
« Une terre d’accueil, une terre d’histoire »
*Son Excellence Ali Kolotou Tchaïmi, Président de l’Assemblée nationale du Tchad*, a ouvert les travaux en saluant la présence togolaise. Pour lui, cette visite est plus qu’un geste : elle « _concrétise l’engagement fraternel pris à Lomé le 7 avril dernier_ ».
« _Votre présence, et celle de la forte délégation qui vous accompagne, est un grand honneur pour notre pays. Au-delà du protocole, votre séjour ouvre des perspectives concrètes de coopération entre nos Assemblées sœurs : diplomatie parlementaire, partage d’expériences législatives, renforcement institutionnel_ », a-t-il déclaré, avant de souhaiter la bienvenue au Togo « _sur cette terre de Toumaï, berceau de l’Humanité_ ».
Klassou : La mémoire comme boussole de la coopération
À la tribune, le *Professeur Klassou* a choisi de remonter le fil de l’histoire. Pour lui, les liens Togo-Tchad ne datent pas d’hier. Ils se sont noués en *avril 1980*, dans le sang et la boue du Chari.
« _Cette fraternité, nous la chérissons au plus profond du cœur. C’est une romance tissée dans l’épreuve, une complicité forgée au feu de la solidarité. Le Togo apporte sa fraternité ; le Tchad offre sa résilience_ », a-t-il martelé.
Il a rappelé l’acte fondateur : « _Avril 1980. Le Général Gnassingbé Eyadéma, Président de la République du Togo, au mépris de sa propre vie, traverse le fleuve Chari dans une pirogue rudimentaire. Le Tchad est en guerre civile. Il ne voit pas des belligérants, il voit des frères à réconcilier, un pays à arracher à l’abîme par la médiation directe_ ».
Un geste, selon lui, qui résume toute l’architecture des relations bilatérales : *deux pays frères, aux destins croisés, qui répondent à l’appel l’un de l’autre.
Vers une coopération parlementaire plus ambitieuse*
Au-delà du rappel historique, le Président de l’Assemblée nationale togolaise a plaidé pour un parlementarisme tourné vers l’action. Paix, développement, intégration continentale : pour lui, les Assemblées doivent devenir des leviers de souveraineté collective.
La visite à N’Djamena scelle ainsi une continuité : celle d’une *solidarité vieille de 45 ans*, réactivée au service des défis d’aujourd’hui. Entre Lomé et N’Djamena, le message est le même : la fraternité n’est pas un mot de circonstance. C’est une boussole.

